Le peintre a entre autres réalisé des tableaux à partir de poubre de marbre. CRÉDIT : AUDE MALARET

Retraité de l’enseignement, le résident de Saint-Nicolas s’est consacré à la peinture et au dessin tout au long de sa vie. De son imagination débordante, est né un monde fantaisiste et plein d’audace peuplé de créatures surprenantes. Rencontre avec l’artiste.

Jeune, il est fort en dessin et pratique beaucoup. Pendant ses études, il a toujours un crayon à la main et passe même tout son temps à dessiner. Au collège, à l’École normale puis lorsqu’il prépare le baccalauréat, le dessin ne le quitte jamais. 

À partir de 1983, il suit des cours avec Paul-Émile Lemieux, au Moulin des arts à Saint-Étienne. Pendant six ans, peut-être même sept, Lynn Roy s’y exerce. On lui propose de montrer son travail. Exposition après exposition, il commence à vendre des tableaux et fait sa place en galerie, à Montréal, Toronto et ailleurs.

Alors que ses camarades préfèrent les paysages, lui s’oriente vers le dessin surréaliste. Et de toute façon, il dit qu’il ne sait pas faire ça, dessiner des paysages. Il a une imagination débordante et leurs préfère taureaux et têtes de violon. Il les dessine et les personnifie. 

Autant de figures qui prennent vie sous les coups de pinceaux de l’artiste, avant qu’apparaisse la figure du hibou qui va incarner tour à tour un chef d’orchestre, un musicien célèbre ou une multitude de personnages. Par dessus tout, Lynn Roy aime Picasso, son peintre favori, qui l’a inspiré tout au long de sa carrière. «Pour faire ce qu’il fait, il faut être tout simplement génial. Si on essaye de faire comme lui, on ne peut pas, c’est impossible», constate-t-il. 

Exprimer la beauté avec des formes

Une citation qu’il a inscrite à la main au dos d’une carte d’affaires, résume pour lui l’essence de son travail. Elle dit : «Le rôle de la peinture n’est pas de représenter, mais d’exprimer la beauté avec des formes, des lignes et des couleurs qu’elle prend où elle les trouve et qu’elle invente, quand elle ne les trouve pas dans la nature». 

Quand il l’a découverte, Lynn Roy s’est aussitôt reconnu dans ces mots. «J’ai dit c’est moi ça! J’étais tellement content quand j’ai lu ça, car je ne savais pas trop comment me décrire. Surréaliste, oui. Fantaisiste, oui. Naïf, j’en ai fait un peu», complète le peintre.

Sur ses toiles, se déploie toute la richesse imaginative de cet artiste surprenant. Ses créatures ont des figures d’allégorie et les symboles habitent un monde fantastique. De ses esquisses naissent des animaux imaginaires. De titres de chanson naissent des toiles. Il y a celle-ci de Gerry Boulet, Ayoye, qui dit : «Tu m’fais mal à mon cœur d’animal».

Une technique unique

Peintre fantaisiste, il aime travailler l’acrylique, le fusain et la poussière de marbre en technique mixte qu’il a ramenée d’un voyage. La technique lui plait d’autant plus qu’il est le seul à l’utiliser au Canada.

En 1994, le peintre se rend en Espagne pour la première fois. Lors d’une visite, il découvre la poussière de marbre travaillée par un artiste de Malaga. Poussière de marbre, sable, colle, Lynn Roy retrouve une fois rentré tous les ingrédients nécessaire à cette technique. Il réalise de petits tableaux. 

Le matériau se travaille comme une pâte. Une fois le support de bois recouvert, il trace sur la surface encore molle à l’aide d’une spatule et la laisse sécher quelques jours. Une fois sèche, il y déposer de la peinture. À cause du poids des œuvres, il doit tout de même se limiter à un format maximum de 12 par 24 pouces.

De ses toiles, il en a vendu près de 300. Mais produire pour des galeries qui en veulent toujours plus, trouve-t-il, ne le tente plus. Et il en conserve de nombreuses chez lui, dans son atelier ou les pièces de sa maison. À 83 ans, il se demande ce que son œuvre va devenir et espère trouver acquéreur à ses œuvres orphelines.

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