Catherine, Sébastien et Emily participent ensemble à des activités de création artistique qui serviront à alimenter la réflexion de l’artiste. CRÉDIT : COURTOISIE

L’artiste de Lévis Catherine Sheedy a passé six mois en résidence artistique dans un appartement-atelier londonien avec son conjoint et sa fille de trois ans. La joaillière qui crée des bijoux contemporains a exploré de nouveaux processus de création et développé une recherche inspirée de son quotidien.

À l’heure où d’autres commencent leur routine quotidienne, une petite famille originaire de Lévis se lance dans un exercice de créativité quelque part à Londres, dans leur nouveau logement. S’inspirant des ateliers de création qu’elle a suivi durant son parcours, Catherine Sheedy organise des défis artistiques qu’elle réalise avec son conjoint et sa fille.

«Le principe, c’est vraiment de se laisser aller, sans essayer d’avoir un produit fini. Être ouvert et travailler à la fois avec le dessin, la peinture, la sculpture, la performance», présente l’artiste. 

Pendant six mois, la famille composée de Catherine, Sébastien et Emily, leur fille de trois ans, a vécu dans son appartement-atelier de Bow Quarter, une ancienne usine d’allumette. L’unique pièce et sa mezzanine sont devenues l’espace de recherche, de création et de vie du trio au cours de la résidence artistique.

La famille se prend en photo. Aujourd’hui, chacun réalise un collage à partir des images prises. Emily les déchire pour en faire un collage. Catherine, jamais très loin de ses créations sculpturales en bijou contemporain, réalise un montage en trois dimensions. 

De ces recherches quotidiennes naissent de nouveaux projets et des réflexions. D’autres explorations ne donnent pas les résultats escomptés et laissent un sentiment d’échec à l’artiste. Qui rebondit. Et utilise l’expérience ratée pour alimenter son travail.

«Ça s’est mis à déraper. Tout a déchiré, la peinture a volé partout. C’était un point de non retour. On s’est demandé ce qu’on était en train de faire là. Ce flop nous a amené à nous questionner sur l’accident», raconte Catherine.

L’expérience est déroutante. Pas facile pour l’artiste de sortir du calme habituel pour créer, loin de la solitude de son atelier, dans un espace occupé quotidiennement par toute la famille.

Une nouvelle liberté

«Emily transforme tout, elle n’a pas de filtre, pas de censure, remarque Catherine. Ma fille venait toujours dans l’atelier pour intervenir. Elle influençait. Je l’ai laissée jouer dans l’atelier. Je l’ai laissée entrer avec moi dans mon univers. Et, elle m’a amené une belle liberté dans les formes que je développais. J’ai fait des essais de formes. Dans les deux derniers mois de la résidence, je me suis concentrée là-dessus.»

Son projet centré sur le bijou de famille évolue. Dans le dossier présenté au Conseil des arts et des lettres du Québec à Londres, l’artiste prévoyait d’interroger les liens familiaux à travers le bijou, un objet inscrit dans les relations qu’on parle de transmission ou de symbole. 

Afin de créer ses bijoux contemporains, Catherine comptait sur les recherches menées par le trio pour alimenter sa réflexion. En plus de puiser dans cette source familiale, l’artiste a choisi de suivre sa propre voie.

Retrouver son propre langage

«Au regard de ce qu’on avait fait, mon constat c’était que finalement chacun d’entre nous avait voulu mettre sa signature. Tout ce qui avait été fait était plus un collage de nos trois univers. Ma conclusion, c’est qu’on n’est pas un collectif d’artiste. J’ai des amis qui sont dans des collectifs, qui travaillent en famille. Ils ont un même langage artistique. Donc, après trois mois, ça s’arrêtait là.»

Les explorations plus personnelles développées en parallèle des activités en famille prennent alors le dessus et la mènent vers les déchets. Pas si loin de son quotidien finalement.

«Je me suis mise à travailler avec les déchets qu’on produisait sur place. Peut-être le fait de vivre dans un loft m’a amené là, on vivait en huit clos. On se rend compte qu’on cumule beaucoup, beaucoup de déchets. C’est incroyable! Je dois avouer qu’il y avait aussi des déchets partout. Les poubelles qui débordent. Quand je dis que j’en faisais des photos, c’est parce qu’il y en avait vraiment partout. Ça m’a amené à travailler avec et à les transformer.»

Cette matière lui plaît. Elle travaille les bouteilles de lait qui l’intéressent pour leur anse. Ça représente le partage, dit-elle. 

«Je fais beaucoup d’assemblages, de pièces répétitives. C’est ma façon de travailler.» Alors, l’artiste collecte les bouteilles, les découpe, les attache ensemble grâce à des rivets. Ces montages deviendront de nouveaux objets artistiques et des bijoux.

L’été prochain, Catherine s’envolera vers la Norvège pour un mois. Seule cette fois. Elle y poursuivra son travail qu’elle compte proposer à des centres d’artistes et des galeries d’art visuel pour une exposition en 2020.

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