CRÉDIT : AUDE MALARET

Ces 55 dernières années, le fondateur et actuel président de la société immobilière lévisienne IMAFA a enfilé les habits de comptable agréé, d’avocat, de chef d’entreprise, de promoteur, mais aussi de père et de citoyen engagé dans sa communauté. Retour sur le parcours d’une figure lévisienne tournée vers l’avenir.

C’est derrière le comptoir du casse-croûte de son père qu’André Fortin débute à peine âgé de 10 ans sa carrière, retracée par le promoteur devant une centaine de gens d’affaires de la région lors d’un déjeuner de la Chambre de commerce de Lévis, qui le mènera à la tête d’un petit empire immobilier sur le territoire lévisien. Sa société compte désormais une trentaine de bâtiments et continue de se développer. Son père le voyait dans la restauration, lui obtient le titre de comptable agréé à la fin des années 1970.

À 24 ans, il rachète le casse-croûte de son père, puis fonde quatre ans plus tard son propre bureau, Comptable agréé André Fortin et associés, spécialisé dans les petites entreprises, la dentisterie et les mandats spéciaux. Mais pendant les 15 années suivantes, André Fortin développe en parallèle des activités d’affaires et immobilières. 

Sans compter ses nombreuses implications communautaires. «J’ai mis beaucoup de temps dans les organisations sur le territoire et ça m’a apporté beaucoup. Dans les conseils d’administration, on apprend et on se crée des contacts. Je dirai aux jeunes : ‘‘Impliquez-vous! Rentrez sur les conseils’’.»

De 1989 à 1993, André Fortin fait son barreau. La raison? Exécuteur testamentaire pour une entreprise de pétrole avec un réseau de stations-services et de dépanneurs, il s’occupe de la transaction rendue difficile par la situation familiale des héritiers. 

«Finalement, ça a pris un bureau d’avocat pour nous aider. De mémoire, le bureau d’avocat a chargé 215 000 $ d’honoraires et j’ai eu de la peine à avoir mes 115 000 $. C’est comme ça que je me suis dit, tiens, je vais aller faire mon cours de droit, ça a plus de puissance que le comptage», raconte-t-il amusé.

Rien ne semble l’arrêter et après la vente de son bureau comptable au milieu des années 1990, André Fortin crée la société immobilière IMAFA qui s’étend sur le territoire au fil des ans. «Pour une petite organisation comme la nôtre, être capable d’aller frapper des bons coups à toutes les fois qu’on va chercher un locataire national. On aime le local, on a besoin d’eux, ils ont besoin de nous. On travaille ensemble. Mais quand tu décroches un locataire national, c’est important.»

Des difficultés, il y en a eu, et parfois encore, telles que le manque de liquidités pour réaliser des projets ou de ressources qualifiées pour supporter les développements. La clé selon le promoteur est de savoir s’entourer de professionnels capables de compenser ses faiblesses. Aujourd’hui, ses défis concernent la mise aux normes des bâtiments, la compétition accrue et la construction d’espace locatif neuf.

Un grand projet et une transition

Avant de passer la main, André Fortin garde encore des cartes à jouer, comme le terrain de l’ancien Fort Numéro 3. «Ma vie est rendue à 66 ans. Je suis encore en forme. À date, si j’avais voulu le vendre, il serait vendu. Quand je garde quelque chose, c’est, un petit peu, parce que j’ai une relation d’amour avec», fait-il savoir.

Le promoteur, qui veut d’abord sentir le pouls, n’est pour l’instant «pas encore en mesure de définir le projet comme tel et de le dévoiler». André Fortin souhaite que le site, actuellement en zonage mixte, donne de la place au public, à la culture et aux arts dans l’objectif de créer «un milieu de vie» qui plaise aux Lévisiens.

Un projet devrait être déposé à la Ville l’été prochain. «Il va avoir des phases. La Ville va réagir (au projet), va dire : ‘‘On aime ou on n’aime pas. Voici ce qu’on veut modifier’’. Comme dans tout projet. Celui-là est majeur, donc il passe par les grands projets.»

Pour la suite, sa fierté serait «qu’IMAFA continue à rester sur le territoire, à l’influencer et le développer. Je travaille à former du personnel beaucoup plus jeune que moi, qui va être là pour un bon moment. J’aimerais regarder pour avoir un actionnariat avec ces gens. Que mon retrait soit définitif, que ma femme, la famille soit autour de ça, ce sont des possibilités. Mais définitivement, le personnel sera au centre de notre réflexion.»

Avant de se retirer, André Fortin accompagnera et continuera de travailler avec son équipe.

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