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Décès d'Éloïse Dupuis : le coroner conclut qu'elle a donné un consentement libre et éclairé
Publié le 14 novembre 2017 09h01

Le Bureau du coroner a annoncé, le 14 novembre, le dépôt des rapports de Me Luc Malouin, coroner en chef adjoint, portant sur les décès de Mirlande Cadet (à Montréal) et Éloïse Dupuis (à l'Hôtel-Dieu de Lévis). La question du refus libre et éclairé des deux femmes, témoins de Jéhovah, de toute transfusion sanguine avait été soulevée au moment de leur décès. Le mandat du coroner était d'éclaircir les causes et circonstances de ces décès.

Rappelons que le 5 octobre 2016, Éloïse Dupuis a été admise à la maison de naissance de Lévis pour accoucher de son premier enfant. Dès son admission selon le rapport du coroner, elle a donné des directives claires quant à son refus de toute transfusion de sang ou de produits dérivés sanguins en raison de ses croyances religieuses. 

Plus tard le même jour, elle a dû être transférée à l'hôpital Hôtel-Dieu de Lévis en raison de risques de complications. Une césarienne y est pratiquée le 6 octobre et l'enfant nait en bonne santé à 14h30. Au cours de l'après-midi, des complications médicales surviennent, dont, entre autres, une hémorragie majeure ne répondant pas aux traitements médicaux. Une hystérectomie est pratiquée plus tard ce jour-là.

L'état de Mme Dupuis a continué de se détériorer dans les jours suivants jusqu'à son décès, le 12 octobre. Le coroner indique dans son rapport que «la seule solution médicale qui existait pour Mme Dupuis afin de recouvrer la santé consistait à recevoir des produits sanguins, mais elle a toujours refusé de le faire». Le refus de toute transfusion sanguine a été noté à de nombreuses reprises dans les dossiers médicaux. Mme Dupuis est décédée d'une défaillance multi-organique résultant d'un choc hémorragique.

Notons que le Code civil du Québec prévoit qu'une personne majeure, saine d'esprit, consciente et bien renseignée peut accepter ou refuser un traitement médical. La décision du patient doit être «libre et éclairée». Le consentement est «libre» s'il est donné sans contrainte, menace ou pression. Il est «éclairé» lorsque la personne est informée par le professionnel de la santé des conséquences de son accord ou de son refus de traitement. De plus, chacun a droit à la liberté de conscience et de religion en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne.

Selon les constatations de Luc Malouin, les médecins et le personnel médical ont informé la patiente et sa famille de l'importance des transfusions sanguines pour lui sauver la vie et de la conséquence fatale sans transfusion de sang. La patiente a maintenu son refus. Également, le coroner conclut que la communauté religieuse n'a pas eu d'influence indue dans le dossier.

«Chaque personne au Québec a cette liberté de choix. Cette liberté a été exercée ici en accord avec les règles de droit. Il appartient à chacun de faire ses choix et d'en assumer pleinement les conséquences», a indiqué Me Malouin dans son rapport sur le décès d'Éloïse Dupuis, concernant le refus de produits sanguins.

Décès de Mirlande Cadet

Quant à Mirlande Cadet, la dame âgée de 46 ans a été admise au Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal, pour accoucher de son enfant, le 1er octobre 2016. On doit procéder à une césarienne. Par la suite, l'état de la patiente s'est dégradé en raison, entre autres, d'une baisse importante de son hémoglobine. 

Le 2 octobre, Mme Cadet reçoit des transfusions sanguines avec l'accord de son conjoint. Dans son rapport, Luc Malouin n'a pas été en mesure de se prononcer sur les conséquences du délai pour les recevoir sur le décès. Mirlande Cadet a été transférée au CUSM en raison de la dégradation de son état. Malgré les transfusions de sang et les soins qui lui sont prodigués, Mme Cadet est décèdé le 3 octobre des complications liées à son accouchement.

Recommandations

Afin de bonifier le plan des mesures à prendre dans le cas d'un accouchement pour les patientes qui refusent les transfusions sanguines, le coroner recommande dans son rapport au directeur des services professionnels et à la direction des programmes jeunesse de l'Hôtel-Dieu de Lévis d'ajouter à leur plan d'action la rédaction d'un plan de traitement particulier pour chaque patiente, afin de prévoir d'avance les gestes médicaux à poser en cas de pertes sanguines importantes. 

De plus, Me Malouin propose aux deux directions de l'institution lévisienne d'impliquer tous les médecins appelés à travailler avec ces patientes à participer activement à la mise en place du plan de traitement particulier lorsqu'il doit être établi pour une patiente, notamment en rencontrant cette patiente et en planifiant avec elle chacun des gestes à être posé en cas de problème.

Enfin, Luc Malouin suggère au ministère de la Santé et des Services sociaux de prendre connaissance du présent rapport et de le diffuser à tous les établissements de santé du Québec où se pratique l'obstétrique.

Sur la photo : L'Hôtel-Dieu de Lévis
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