Chloé Nadeau est confiante d’amasser la somme de 25 000$ en 6 mois pour s’acheter un véhicule adapté.

Confinée dans un fauteuil roulant électrique depuis sa naissance, Chloé Nadeau a lancé, le 11 juin, une campagne de financement pour faire l’acquisition d’un véhicule adapté. Elle sollicite les dons, ainsi que l’appui de la population dans son combat contre la Société de transport de Lévis (STLévis), qui, selon elle, discrimine les déplacements des personnes handicapées.

Malgré l’amyotrophie spinale dont elle est atteinte, la Lévisienne de 22 ans tente de demeurer active dans la société. Elle étudie à l’Université Laval et travaille à Québec pour le gouvernement. Ses obligations rendent fréquents ses déplacements vers la capitale. Cependant, Chloé a abandonné depuis un moment l’idée de prendre le transport en commun. «Même s’il y a des logos d’handicapé sur les autobus, le chauffeur me dit qu’il ne sait pas comment m’embarquer, parce qu’il n’a pas été formé», a-t-elle expliqué, stupéfaite.

La jeune femme s’est depuis redirigée vers les services de transports adaptés offerts par la STLévis, qui s’associe à des partenaires-transporteurs pour assurer les déplacements des usagers à mobilité réduite. Encore une fois, elle s’est butée à des difficultés, qu’elle explique par l’horaire du service de réservation et des quotas imposés aux transporteurs. «C’est rendu qu’on doit appeler presque une semaine à l’avance, soit 72 heures ouvrables, pour avoir un déplacement. […] Quand on y pense, on a de la misère à prévoir ce qu’on va manger pour souper et moi, je dois prévoir où que je vais être dans une semaine, sous prétexte que les quotas vont être atteints. En plus, si j’appelle pour avoir un taxi, ils n’en ont pas qui soient adaptés à ma condition. Ils choisissent les types d’handicapés qu’ils voyagent», a-t-elle déploré.

Dans les moments où elle s’est retrouvée sans transport pour se rendre à l’université ou au travail, Chloé a dit avoir fait appel à des compagnies de taxis privés. Ces frais se sont ajoutés à ceux du renouvellement mensuel de sa carte Opus. «Je suis tannée de devoir payer des taxis privés, d’avoir une dette de près de 600 $ pour aller faire des examens à l’université que je suis en droit d’aller faire ou bien d’aller travailler», a-t-elle dénoncé.

Une rencontre décevante

En février, Chloé Nadeau et ses amis sont allés à la rencontre de Mario Fortier, président de la STLévis, et Jean-François Carrier, directeur général, pour tenter de comprendre la situation. Elle s’est dit insatisfaite des réponses fournies par les deux hommes, qui lui ont rappelé les contraintes budgétaires. «On a essayé de leur faire comprendre que des coupures budgétaires ne devraient pas porter atteinte à des droits fondamentaux, comme celui de sortir de chez nous», a fait valoir Chloé, qui se sent brimée dans sa liberté.

À la suite de son entretien avec la direction de la STLévis, la jeune femme a reçu une lettre de la part de M. Carrier pour la remercier de ses commentaires. À celle-ci a été joint un lecteur de carte Opus, qui permet une recharge mensuelle en ligne et sans déplacement. Chloé Nadeau y a toutefois vu un affront et ne compte pas l’utiliser. «Pourquoi je la remplirais, si je n’ai pas accès à leurs services de transport?», s’est-elle questionnée.

Une campagne qui va bon train

Malgré sa déception au terme de sa rencontre, Chloé Nadeau a gardé son objectif de vue et compte bien poursuivre ses démarches. En entrevue, elle a promis de mettre en œuvre des actions concrètes pour défendre sa liberté.

Entre temps, la jeune femme se réjouit de l’engouement autour de sa campagne de financement. «C’est incroyable! Je ne pensais pas que la population se mobiliserait autant pour ma cause. Je suis heureuse, parce que cette cause d’achat de véhicule fait comprendre à la population comment pour nous, ça peut être difficile de planifier nos déplacements», a-t-elle exprimée, confiante d’atteindre son objectif de 25 000 $. Au moment d’écrire ces lignes, une somme de 8 530 $ a été amassée.

Pour plus d’informations sur sa campagne, visitez www.gofundme.com/appel-a-la-liberte.

Lire aussi : Croissance fulgurante et budget serré à la STLévis

 

Les plus lus

Mise en garde contre des allergènes possiblement présents dans des produits d'une boucherie lévisienne

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), en collaboration avec Boucherie et délices Rive-Sud, située au 7520, boulevard Guillaume-Couture à Lauzon, avise les personnes qui souffrent d'une allergie aux graines de sésame, aux graines de moutarde, aux œufs, au lait, aux sulfites, au soya ou au blé ou encore d'une maladie induite par le gluten de ne pas consommer les ...

Hommage à l’horreur à Saint-Étienne-de-Lauzon

Pour une 13e année, la Maison hantée de Saint-Étienne reprendra vie, les 27 et 31 octobre ainsi que le 3 novembre, dans le quartier Saint-Étienne-de-Lauzon. Petits et grands pourront une nouvelle fois y célébrer l’Halloween, en vivant l’expérience unique du musée de l’horreur conçue cette année par les organisateurs de la Maison hantée.

Une école primaire Montessori à Lévis?

Quelques années après que l’établissement Montessori de Saint-Nicolas a décidé de se consacrer qu’aux enfants âgés de cinq ans et moins, des parents de la région désirent mettre sur pied une école primaire misant sur l’approche développée par Maria Montessori, une pédagogue italienne.

Se prendre en main à 18 ans

Cette année, Tommy Duchesneau a vécu une expérience personnelle hors de l’ordinaire. Dans les derniers mois, le jeune homme de 18 ans de Saint-Lambert-de-Lauzon s’est choisi et a perdu environ 80 livres.

Lévis fête la diversité culturelle

De concert avec l’organisme le Tremplin, la Ville de Lévis a mis sur pied Lévis interculturelle, Fête de la diversité, un événement qui a été présenté le 21 octobre dernier au Patro de Lévis. Cette journée d’activités et de festivités invitait les citoyens à venir rencontrer les différentes cultures présentes sur le territoire lévisien. De plus, c’était l’occasion de célébrer et souligner l’apport...

La maison Rodophe-Audette en cours de démolition

Deux jours après la décision du conseil municipal de Lévis qui autorise la démolition du 6410 de la rue Saint-Laurent, la pelleteuse est entrée en action ce 31 octobre au matin. En milieu de matinée, le premier étage de la résidence qui a surplombé le fleuve pendant plus d'un siècle, gisait déjà au pied des murs encore debout.

La maison Rodolphe-Audette pourra être démolie

Après deux processus d’évaluation du comité de démolition qui ont duré 731 jours en raison notamment de deux appels lancés par des citoyens, les membres du conseil municipal ont unanimement confirmé, le 29 octobre en séance extraordinaire, la décision prise par le comité de démolition en juillet dernier autorisant la démolition de la maison Rodolphe-Audette.

L’avenue Saint-Augustin, «un coin dangereux»

L’histoire d’un coureur happé mortellement par une voiture sur l’avenue Saint-Augustin dans le secteur de Breakeyville en juin 2017 a secoué plusieurs résidents de la région. Pour François Prieur, père de famille qui habite sur l’avenue Saint-Augustin, «il faut faire quelque chose». Le citoyen fait des démarches depuis l’accident pour qu’on augmente la surveillance policière et que la limite de vi...

Dans l'oeil de Michel - Chronique du 24 octobre 2018

Le Lévisien Martin Turgeon a été pompier à temps partiel pendant huit ans à Lévis, ainsi qu’à Sainte-Foy, Sillery et Saint-Antoine-de-Tilly. Depuis 2005, il œuvre dans sa profession à temps plein à la Ville de Québec. Il est aussi formateur au CNDF depuis 10 ans et il est instructeur pour le IMQ à Lévis. Martin est en nomination au poste de chef aux opérations éligible pour le Service des incendie...

Les Lévisiens se souviennent

Plusieurs événements ont eu lieu à Lévis le 11 novembre, dans le cadre du jour du Souvenir, afin de souligner le sacrifice des militaires.