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Publié le 08 octobre 2014 08h45

Quel avenir pour l'éducation? Depuis plusieurs années et même tout récemment, plusieurs politiciens québécois proposent une réforme de l'éducation qui entraînerait des modifications majeures à ce réseau. Mais qu'en pensent les intervenants qui sont sur ce terrain chaque jour?Le Journal de Lévis a décidé de leur donner la parole en interrogeant d'anciens commissaires scolaires et des dirigeants d'écoles privées. Bonne lecture!

Par Érick Deschênes
erickdeschenes@journaldelevis.com

Également visé par un projet de réforme étudié actuellement par le ministère de l'Éducation et qui permettrait d'économiser 1 G$, les écoles privées du grand Lévis voient d'un mauvais œil des coupures potentielles dans leurs subventions comme certains dirigeants de ces établissements l'ont partagé au Journal de Lévis.

«Il y a beaucoup de préjugés envers les écoles privées. Plusieurs pensent que ce ne sont que des parents fortunés qui ont les moyens d'envoyer leurs enfants dans nos institutions. Pour notre part, beaucoup de parents ont besoin de l'aide de notre fondation pour fréquenter notre établissement», lance d'emblée JoAnne Caron, directrice des services aux élèves et services pédagogiques au Collège Dina-Bélanger de Saint-Michel-de-Bellechasse.

Un point de vue qui fait suite aux révélations obtenues par La Presse il y a deux semaines. Dans son édition du 27 septembre dernier, le quotidien montréalais a révélé que le ministère de l'Éducation analysait la possibilité de réduire d'un milliard de dollars son budget.

Pour y parvenir, les mandarins du ministère ont notamment suggéré d'abolir ou de réduire le nombre de commissions scolaires et de diminuer d'au moins 50% le financement des écoles privées en refilant la facture aux parents. Actuellement, selon des données du ministère de l'Éducation, ces institutions sont subventionnées à 60% par le gouvernement québécois.

Toutefois, même si ils sont conscients qu'ils devront faire leur part pour aider le ministère à sauver de l'argent, les dirigeants des écoles privées rencontrés par le Journal craignent ce scénario qui aurait d'importants impacts dans leurs institutions.

«C'est sûr qu'en augmentant la facture des parents, il y aura un pourcentage des élèves qui iront au public. Avec moins d'élèves et avec moins d'argent, on devra couper dans des services et c'est sûr que notre institution sera moins intéressante», explique Claude Gélinas, directeur général du Juvénat Notre-Dame de Saint-Romuald, sur les conséquences de l'application de l'hypothèse actuellement évaluée.

Des bénéfices pour les contribuables

Cependant, le grand manitou du Juvénat Notre-Dame est sûr que ce scénario restera sur la table à dessin. Selon lui, les écoles privées font même sauver de l'argent au gouvernement grâce aux contributions des parents. En effet, selon des données de la Fédération des établissements d'enseignement privés, un élève au privé coûte aux contribuables 38% du coût d'un élève au public.

«Le gouvernement est bien conscient que ce n'est pas à leur avantage. Grâce aux parents, on fait économiser plus de 600 M$ au gouvernement. (…) On n'est pas rendu à craindre le départ d'élèves. Je crois que ça tient plutôt du ballon d'essai et que ce discours est alimenté par des organismes qui sont contre les écoles privées», estime Claude Gélinas.

Des coupures inéquitables

Par contre, les dirigeants d'institutions privées rencontrés par le Journal ont profité de l'occasion pour critiquer une coupure à laquelle ils doivent déjà faire face : la diminution de l'allocation réservée pour le transport scolaire.

Dans son dernier budget déposé en juin, le gouvernement a réduit du tiers l'enveloppe réservée à cette dépense au grand dam des institutions de la région qui utilisent beaucoup plus les autobus que leurs homologues de régions grandement urbanisées comme Montréal.

«En ce qui a trait aux coupures dans le transport, il y a une iniquité puisqu'elle n'occasionne pas le même impact pour les écoles privées en milieu rural qu'à celle située en ville. Seulement une dizaine de nos 260 élèves marchent pour venir chez nous et ils résident sur un territoire vaste allant de Saint-Romuald à Cap-Saint-Ignace», image JoAnne Caron.

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