CRÉDIT : ARCHIVES

L’heure est aux vérités. Du haut de mes 30 ans, je commence à m’impatienter. La crise de la COVID-19 semble avoir exercé une sorte de pression induite sur mon humeur. La femme de l’ancien président américain, Madame Michelle Obama, parle, pour sa part, «d’une dépression légère» pour qualifier l’impact négatif du contexte actuel sur son karma. Cet été, j’ai délibérément prolongé mes vacances. J’ai également fermé tous mes accès aux réseaux sociaux pendant cette période. Je n’en pouvais tout simplement plus.

Depuis le déconfinement estival déprogrammé et le reconfinement automnal programmé péniblement, il y a une odeur affreusement dégoûtante qui plane sur le Québec. Il y eut les bienheureux qui s’agglutinèrent éhontément sur les rives de Rawdon, les biens nets qui utilisèrent notre Gaspésie comme une vidange nationale, les bienveillants patriotes qui manifestent leur liberté sous «le couvert de je ne sais trop quel argumentaire individualiste et erroné» et il y a ce gouvernement, en perte d’altitude, qui s’embrouille dans sa propre sémantique. Dans l’intervalle, je vous épargne mes observations automnales, cela serait indécent.

Je suis, par nature, très optimiste et accepte, très, peut-être trop, souvent la capacité d’une nation à se regrouper sous son drapeau. Encore faut-il que ce dernier ait une signification intrinsèque forte chez ses partisans. À 30 ans, je suis tanné qu’on se dote de gouvernements aussi superficiels. «Ça manque d’envergure» comme dirait l’autre! Sur l’ensemble de la députation, prenons un instant pour réfléchir à celles et ceux qui élèvent le débat et enrichissent la culture politique. Ils sont peu nombreux et, pour la plupart, proviennent des partis d’opposition.

L’insulte à une démocratie qui s’appuie sur des institutions indépendantes, historiquement crédibles, est certainement d’en déboulonner son caractère symbolique. La vacuité de notre démocratie actuelle embrouille le Québec. Un brouillard intellectuel si dense qu’on doute de la sagesse populaire légitimant, d’un tour, sans proportionnelle, le capitaine embrouillé. On ne dirige pas une nation à coup de lignes de communication. On dirige une nation avec une flamme au cœur s’appuyant sur des principes et des valeurs affirmés.

Je ne remets pas en cause la chaleur de celle-ci chez ceux qui s’engagent, tout le contraire. Cependant, l’appauvrissement des mots, à coups de censure, et de la culture politique, à coups d’apparence de conflits d’intérêts, marque le propre désengagement des politiciens à l’égard de l’action collective. Devant une forêt, on n’y voit rien. Collé à l’arbre, l’électeur s’en désintéresse. De toute façon, la plupart du temps, il ne comprend rien. Le politicien le sait. Un cercle vicieux qui nuit aux débats et à cette fameuse capacité de s’émerveiller de l’engagement. À ce titre, comment souhaiter qu’un parti, peu importe sa couleur, se démarque si les protagonistes sont eux-mêmes désintéressés? Et on se surprend encore que cette brillante et ambitieuse jeunesse soit elle-même découragée…

Actuellement, je m’intéresse beaucoup à ces jeunes politiciens américains, dont AOC, Pete Buttigieg ou Joseph Kennedy III. Quelques figures nouvelles et rafraîchissantes dans l’arène politique américaine. Rien pour engager le pays dans une transition politique majeure, mais une microcapacité d’élever le débat, de questionner, d’argumenter sur des faits et surtout d’émerveiller les citoyens.

À 30 ans, ici, au Québec, j’ai mal à mon pays. La famille indépendantiste se chicane pour une date. Les fractures historiques rendent l’option impossible pour bon nombre de nostalgiques québécois. Pourtant, le plus bel engagement d’une société serait d’affirmer sa volonté nationale de défendre un pays libre, diversifié et francophone. Au parlement, le silence des députés du gouvernement est inquiétant. Des convictions étouffées et un sens du débat social vidé de sa substance originelle, l’argumentation et l’audace intellectuelle. Les députés de l’opposition ne font pas meilleure figure; en effet, il joue sur la corde fragile du marketing politique. Si peu de contenu, si peu de volonté. Je suis dur envers nos élus; les jeunes, comme moi, attendent encore d’être impressionnés.

On parle de transition écologique et d’asseoir notre développement économique sur des bases plus durables. Pourtant, à Québec, sous l’onglet infrastructures, on aime détester un projet de transport en commun. On lui oppose d’ailleurs un troisième lien autoroutier. On dit même que le télétravail ne nécessite pas ce type d’investissements majeurs, les nids de poule étant prioritaires. Honnêtement, ça ne vole pas haut dans notre magnifique Capitale-Nationale.

On dit qu’on mérite les élus que l’on a, j’y crois! L’électeur moyen est désintéressé de l’engagement public et des défis collectifs. Il recherche son gain personnel et le confort du choix. L’électeur moyen envoie au parlement québécois des élus à la hauteur de ses propres exigences. On aime se draper dans notre volonté écologique, mais on fait collectivement des choix douteux en matière d’urbanisme et d’économie. On peut exiger mieux d’un projet imparfait, c’est le fruit d’une saine démocratie. Cependant, exiger moins par fantasme idéologique, c’est honteux!

Le Québec a (re)joué sa carte nationaliste. Cette fois-ci, elle s’accompagnait d’un discours honnêtement démagogique. Elle joue sur les sensibilités, les réactions et les insatisfactions profondes. Dès lors, l’électeur se sent concerné par le discours puisqu’il est simple, voire même simpliste. Et alors, le racisme au Québec, il est systémique ou pas? Et alors, au Québec, l’égalité des hommes et des femmes est-elle atteinte? Et alors, ce Québec, s’anglicise-t-il ou pas? Finalement, ce Québec de 2020, est-il de souche ou diversifié?

Notons, à chaque fois, les réponses creusent, évasives et insipides ou d'une incapacité objective nationale d'en contextualiser son principe. Ça tourne en rond! Certes, les enjeux sont importants et délicats, mais comment s’y engager si, comme nation, nous ne parvenons même pas à les nommer ni même à défendre véritablement leurs principes ? Une nation soumise à ses propres paradoxes. Tantôt amoureusement québécoise, tantôt jalousement canadienne. L’autre jour, les deux en même temps, comme ça on est certain de faire l’unanimité… en étant pourtant si désuni. Entre affirmation nationale et repli identitaire, on emprunte la voie du moindre effort. Le paradoxe du «né pour un p'tit pain».

J’ai espoir que les Québécois.es seront dorénavant plus exigeants à l’égard de leurs institutions et leurs représentants. À 30 ans, je garde ma flamme allumée, la raison de mon implication, pour que l’on construise, un beau jour, un Québec plus éduqué, plus juste et surtout plus grand, comme son peuple. Il faudra bien que ce brouillard finisse par se dissiper!

Sébastien Bouchard-Théberge

Jeune politicien

 

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