Clean International compte présentement 22 travailleurs étrangers des Philippines. L’entreprise pourrait en recruter jusqu’à 80, soit 10% de la masse d’employés. CRÉDIT : COURTOISIE CLEAN INTERNATIONAL

C’est bien connu, la pénurie de main-d’œuvre en Chaudière-Appalaches, et plus largement au Québec, est une situation qui s’est généralisé au cours des dernières années dans plusieurs domaines d’activité professionnelle. Le vieillissement de la population, mélangé à la glorification de la spécialisation de l’emploi et au recul des métiers de terrain créent des problèmes d’embauche dans des commerces locaux. Si l’heure est à la recherche de solution et à l’innovation dans les méthodes d’embauche, certaines entreprises, comme Clean International, située à Saint-Jean-Chrysostome, font le pari de se tourner vers le recrutement de main-d’œuvre internationale.

À Lévis, Statistiques Canada évaluait en 2016, le taux de chômage à 4,1%, soit le plus faible taux parmi les 50 villes d’importance au pays. Bien que ce nombre démontre la vitalité économique de la région, plusieurs postes demeurent à pourvoir, au grand désarroi des chefs d’entreprise. 
Chez Clean International, une entreprise de 800 employés spécialisée en assainissement agroalimentaire basée à Lévis et en Ontario, la recherche de candidats pour joindre les équipes permanentes, qui nettoient chaque nuit les équipements de production des usines, «n’est pas évidente», déplore Méllina Boudreault, conseillère en recrutement pour l’entreprise.  «Même le salaire ne fonctionne plus pour attirer des gens, qui préfèrent travailler de jour à un salaire moins élevé».
Elle affirme avoir comptabilisé près de 400 candidatures reçues depuis le début de 2019 en Ontario, mais plus de la moitié d’entre elles ne donnent pas de retour. «On ne refuse personne, mais à Québec et Lévis, les CV de gens qui sont vraiment intéressés se font rares. Il arrive même que certains viennent juste pour une heure pour obtenir leur chômage», ajoute-t-elle. 

Une solution pour guérir les maux?

 C’est ainsi que le recrutement de la main-d’œuvre internationale constitue la solution la plus fiable pour combler ses postes vacants, aux yeux de Marie-Ève Labrie, directrice générale adjointe de l’entreprise familiale qui existe depuis 25 ans. C’est pour pallier la rareté de personnel et en «prévision d’une crise de main-d’œuvre» qui frappe surtout pendant les vacances estivales, raconte-t-elle, que Mme Labrie a été de l’avant dans ses démarches, en allant à la rencontre de potentiels travailleurs aux Philippines, en avril 2018. Une vingtaine d’entre eux ont été sélectionnés pour l’emploi, dont 10 pour l’Ontario et 12 pour le Québec. Huit sont actuellement à Saint-Henri pour un contrat.

Toutefois, comme elle l’explique, les processus s’éternisent et l’entreprise n’est pas admissible à une aide gouvernementale pour l’appuyer. «On a essayé d’avoir des subventions, mais le gouvernement est réticent. On se fait dire : ‘’Tu en as reçu des CV alors tu peux recruter’’, décrie-t-elle, alors que les Philippins n’ont mis le pied en sol québécois qu’en décembre 2018, soit huit mois après le recrutement dans leur pays. Le gouvernement appuie les métiers spécialisés, pourtant c’est dans les emplois non qualifiés de première ligne qu’il y a un manque au Québec.» 

Du dévouement et de l’attente 

Toujours dans une quête de combler ses besoins et de pourvoir quelques-uns de ses 75 postes vacants, Clean International a entamé, à l’automne dernier, de nouvelles démarches pour l’embauche de 30 travailleurs étrangers, ceux-ci en provenance du Vietnam. Les demandes de travail ont été acceptées au Canada, mais elles sont toujours en traitement au Vietnam. 
Selon Maxime Lapointe, avocat spécialisé en immigration responsable du dossier, ces délais sont récurrents, soit en raison du trop grand nombre de demandes ou du quota fixé par le pays. Il se désole de «l’ingérence du fédéral dans un problème de pénurie local et de la rigidité du bureau canadien des visas qui ne délivre des autorisations valides que pour 12 mois», lui qui renouvèle actuellement les permis de travail des Philippins.
On peut compter près de 40 semaines de délai avant d’obtenir une réponse, sans garantie qu’elle s’avèrera positive, même si des frais de 1 000$ par tête sont engagés.  Clean International ne se cache pas vouloir allonger ses permis de travail à 18 mois, puis viser la résidence permanente pour ses travailleurs. 

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