Irène et Marielle (à droite) présentent avec humour un Québec vu par les Français. CRÉDIT : COURTOISIE

Elles ont quitté la France pour le Québec. L’une est arrivée il y a 17 ans, l’autre l’a rejointe quatre ans plus tard. Toutes deux sont passées par ce parcours que les immigrants ont à réaliser, avec ses adaptations, ses embûches, ses surprises et ses défis. Les sœurs Lumineau publient Icitte aux éditions Guy Saint-Jean, un livre destiné aux Français qui s’installent dans la Belle Province. Sortie prévue le 13 mars.

Franchir les étapes sur le chemin de l’immigration, c’est comme traverser les saisons, l’une après l’autre, avec leur lot d’aléas, de joies et de difficultés. Pour Marielle, aujourd’hui installée à Lévis, et Irène, à Saint-Gilles, l’image est celle qui représente le mieux les différentes phases par lesquelles chaque personne qui arrive en terre étrangère passe pour s’adapter à sa nouvelle réalité. Les auteures ont ainsi divisé leur ouvrage en quatre parties, été, automne, hiver et printemps.

Le livre s’ouvre sur la saison estivale, à l’image de la période d’euphorie vécue par les nouveaux arrivants. «Quand on arrive, on est très heureux», se souvient Marielle. C’est aussi le moment où les premières nouveautés sautent aux yeux des immigrants, comme les nouvelles règles de circulation ou la taille des autos. «Presque toute est plus gros icitte» est devenu l’un des chapitres qui composent la section ainsi que le code de la route.

Puis vient l’installation, symbolisé par l’automne. Voici arrivé le temps de prendre le chemin de l’école ou des études, de se trouver un travail. «Et ici, on se rend compte que ce n’est pas pareil qu’en France. Le réseau est extrêmement important», note Marielle.

Maman, elle a découvert que même une liste de fournitures scolaires pouvait s’avérer bien plus compliquée qu’elle n’en a l’air.

«On s’est aperçu qu’à la rentrée, le matériel scolaire c’est tout un monde. Irène n’a pas d’enfant en âge scolaire. Donc, elle a catché ça quand elle est venue chez moi et que je lui ai montré. On a bien rigolé, s’amuse-t-elle. Les premières fois, j’ai demandé à mes amies pour demander ce que c’était cette affaire-là. Je ne savais même pas ce que c’est!»

L’hiver, le temps de la nostalgie

 Quand l’hiver s’installe avec la neige et les températures glacées, le vague à l’âme peut se faire sentir. «On se rend compte qu’on a un peu de nostalgie, que ce n’est pas si simple. On est loin, il fait froid», raconte Marielle. Certains peuvent alors prendre la décision de rentrer en France.

Icitte présente alors un témoignage, parmi d’autres dans le livre, sous forme de lettre d’une personne qui est repartie et comment elle l’a vécu. Un retour qui n’avait pas forcément été prévu et qui n’est pas si simple. «Le Québec n’est pas non plus un eldorado et ce n’est pas fait pour tout le monde. On a le droit de ne pas s’y sentir bien et de retourner chez soi si on n’est pas bien», rappelle-t-elle.

Finalement, «on a décidé de rester. C’est aussi un moment où on se dit la neige est partie, l’hiver et le froid ça s’arrête à un moment donné. Donc, on peut s’intégrer d’une autre façon», observe la Lévisienne. Le printemps est enfin là. La période d’adaptation commence. «Trouver des amis ici, c’est tout un défi. On ne les trouve pas de la même façon et ça peut être extrêmement long. Il ne faut pas se décourager», encourage-telle.

Celle qui travaille à soutenir les entrepreneurs sait de quoi elle parle. «Ce que je voudrais dire aux gens, aux Français comme à tous les immigrants, quand tu arrives ici, implique-toi. Trouve des façons d’aller rencontrer des gens, même si tu ne travailles pas. Toutes les implications que j’ai eues m’ont apporté quelque chose, m’ont permis de trouver une job ou de rencontrer des gens.»

Un livre né d’un sondage

 Pour écrire cet ouvrage, Marielle et Irène se sont appuyées sur les résultats d’un sondage mené auprès de la communauté française du Québec via leurs réseaux et les groupes de Français. Elles leur ont demandé pourquoi ils étaient venus, comment ils percevaient le Québec avant leur venue et après, ainsi que leur perception des Québécois, leurs défis, leurs difficultés, ce qu’ils apprécient le plus, leurs manques et bien d’autres commentaires.

Grâce à ces réponses ainsi qu’à la somme de leurs expériences et de leur vécu, les sœurs Lumineau ont créé cet ouvrage à leur image, drôle, incisif et surtout pratique.

«Ce livre, c’est deux Françaises un peu folles qui ont décidé de faire rire le monde, mais aussi de dédramatiser et de voir le Québec d’une autre façon. L’immigration, ce n’est vraiment pas facile. Quand on arrive ici, on se dit : ‘‘Ah, c’est facile. Ici, on parle français.’’ Sauf que la similitude, c’est juste la langue. Et encore! Avec plein de bémols.»

Au delà de l’ouvrage, Marielle et Irène espèrent rassembler une communauté et tisser des liens entre des personnes qui ont vécu une expérience commune. Loin de s’arrêter aux mots, leur humour se retrouve aussi sur Internet à travers de petites vidéos à découvrir sur la page Facebook d’Icitte, où les sœurs se mettent en scène dans des lieux ou des situations typiquement d’ici. Avec autodérision et facéties, les sœurs Lumineau disent leur amour pour le Québec et appuie là où ça fait rire. 

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