CRÉDIT : MÉLANIE LABRECQUE

Cinq des six candidats à l’élection fédérale du 21 octobre dans la circonscription de Lévis-Lotbinière ont débattu de différents grands enjeux abordés depuis le début de la campagne électorale. À l’invitation du Cégep de Thetford, ils se sont réunis, le 8 octobre, au Complexe des Seigneuries de Saint-Agapit.

Par Mélanie Labrecque - Collaboration spéciale

Une centaine de personnes s’était rassemblée afin d’écouter les arguments de François-Noël Brault, du Bloc québécois, de Ghislain Daigle, du Parti libéral du Canada, de Marc Fontaine, du Parti populaire du Canada, de Jacques Gourde, du Parti conservateur du Canada, et de Patrick Kerr, du Parti vert du Canada. La candidate du NPD, Christel Marchand, était absente. Les organisateurs du débat n’ont pas été en mesure de la joindre et de l’inviter.

Les candidats ont ainsi montré leur vision sur le rôle du député, le niveau de vie et la fiscalité, l’environnement, le droit des femmes et des minorités sexuelles, l’immigration et la diversité culturelle ainsi que le rôle et la place du Canada dans le monde et certains de ces enjeux ont occupé une large place de l’exercice qui a duré un peu plus de deux heures.

Environnement

C’est le candidat du Parti vert, Patrick Kerr, qui a été invité à lancer la discussion sur la question. «Notre plan est le plus ambitieux, mais malheureusement, c’est le seul qui pourrait éviter l’augmentation des températures globales de 1,5 degré et empêcher une crise climatique. Notre cible est de réduire les émissions de 60 % avant 2030.»

De son côté, Marc Fontaine a souligné que la polarisation du débat nuit à la lutte aux changements climatiques. «On est en train de tomber dans une hystérie collective […] et on perd de vue les véritables objectifs du développement durable. […] Si les gens n’ont pas un bon niveau de vie, ils ne feront pas d’efforts pour protéger l’environnement, parce que ce ne sera pas une priorité.»

Dans le même ordre d'idées, Patrick Kerr a mentionné que la justice sociale est un élément clé de la réussite de cette lutte. «Quand on est inquiet de savoir comment nous allons payer les factures, on ne peut pas penser à ce que l’on ferait personnellement. C’est pour ça que nous avons l’idée du revenu de base garanti.»

Pour sa part, le libéral Ghislain Daigle indique que plusieurs éléments doivent être pris en considération dans la protection de l’environnement. «Il faut tenir compte de tous les paramètres, ce n’est pas facile, c’est complexe. Il faut faire des évaluations dans le bon sens et aider au développement de projets innovateurs.»

De son côté, François-Noël Brault a fait la promotion de la proposition de péréquation verte qui «fera payer cher aux pollueurs le prix de la pollution». Il a aussi dénoncé les intentions du chef conservateur, Andrew Scheer, à propos d'un oléoduc pour le transport du pétrole de l'Ouest de même que le concept du corridor énergétique.

«Le projet d’oléoduc n’a pas l’acceptabilité sociale à travers le Québec, malgré ça, Andrew Scheer a dit qu’il l’imposerait de force, contre la volonté du gouvernement du Québec. Cela est inacceptable. Ce type de mesure est dictatoriale. Comment Jacques Gourde peut-il accepter ce projet qui va à l’encontre des gens?»

Le député sortant a répliqué en évoquant qu’il faudra encore faire appel aux énergies fossiles pendant plusieurs années pendant que le gouvernement travaillera à la transition énergétique. «Imaginez le Canada des années 1900 sans le chemin de fer. Imaginez le Canada des années 2100 sans le corridor énergétique qui va nous permettre de transporter l’électricité, le gaz naturel et le pétrole de façon sécuritaire. La prospérité et l’avenir de notre pays vont passer par l’énergie et l’autosuffisance énergétique.»

Ce dernier a même rappelé les gestes qu’il a posés en tant que producteur agricole afin de réduire son empreinte carbone. «J’ai arrêté la culture de soya et de maïs qui est très énergivore, je suis revenu au foin. J’ai vendu mes tracteurs de 150 à 200 forces pour garder seulement ceux de 85 et 65 forces. J’ai changé mes bœufs pour des moutons. Je suis très sensible à la question et je sais qu’on est capable de faire de l’agriculture d’une autre façon.»

Quant à Patrick Kerr, il est ouvert à l’idée de planter des arbres pour compenser les émissions de gaz à effet de serre produites pendant la campagne électorale.

Économie

Chacun des candidats a présenté les principales mesures proposées par leur parti pour réduire le fardeau fiscal des Canadiens. S’est rapidement ajoutée au débat la question du chantier Davie, de Lévis.

«Les gouvernements conservateurs et libéraux ont oublié la Davie au fil des années. Jacques Gourde était présent, il faisait partie de l’aile parlementaire du gouvernement avant 2015 et il n’a rien fait pour la Davie. [...] Pourquoi Jacques Gourde a été absent de la défense des intérêts régionaux depuis 11 ans ?», a interrogé François-Noël Brault.

«En 2006, la Davie était un terrain vacant, à vendre, pour faire des condos. Notre gouvernement conservateur a investi. On a trouvé des acheteurs, on a garanti une marge de crédit de 300 M$ qu’on a perdu. On a investi 300 M$ directement dans le fonds de roulement de la Davie, ce qui permet de voir aujourd’hui une entreprise florissante», a répliqué Jacques Gourde. 

«Le gouvernement du Canada, les libéraux [vont donner] pour les 20 prochaines années des contrats pour le développement de navires. On a placé la Davie en plein milieu de ce qui est nécessaire pour [assurer] sa survie dans les 20 prochaines années», a rajouté Ghislain Daigle.

Laïcité

Le volet sur l’immigration et la diversité culturelle a permis aux candidats d’aborder, entre autres, la question de la lourdeur de la bureaucratie, la main-d’œuvre saisonnière, les freins à l’immigration, l’entrée par le chemin Roxam et l’aide aux pays en voie de développement.

Ils ont aussi profité de l’occasion pour argumenter sur la loi 21 sur la laïcité de l’état. «La laïcité fait partie des valeurs fondamentales de la société québécoise. Je l’appuie et je demande aux autres partis de s’engager à ne pas contester la loi provinciale sur la laïcité», a fait valoir François-Noël Brault.

«Monsieur Trudeau, de ce que j’ai compris, il veut laisser la place à la liberté individuelle et de permettre aux gens, aux immigrants québécois de contester cette loi-là», a justifié Ghislain Daigle.

«La loi 21 est une loi votée par l’Assemblée nationale, votée par les élus du Québec et Ottawa n’a pas à s’immiscer dans cette loi. Nous reconnaissons la compétence des gouvernements provinciaux», a renchéri Jacques Gourde.

«Le pouvoir des gens d’ici, c’est très important […], mais il faut être très prudents», a rappelé Patrick Kerr. 


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