Après avoir œuvré pendant plus de 50 ans dans le domaine funéraire, Richard Turgeon prendra bientôt une retraite amplement méritée. CRÉDIT : COURTOISIE

En décembre, Richard Turgeon, conseiller aux projets spéciaux et thanatologue au Groupe Garneau ainsi qu’ancien propriétaire de Gilbert & Turgeon, prendra sa retraite. Ce sera la conclusion d’une carrière de 46 ans où le Lévisien a supporté de nombreuses familles du quartier Lévis dans leur processus de deuil. Portrait d’un homme de cœur qui aura marqué de son empreinte la ville, autant au niveau des affaires qu’au sein de la vie communautaire.

C’est en 1973, à l’âge de 20 ans que Richard Turgeon s’est officiellement joint à l’équipe de Gilbert & Turgeon, la maison funéraire codétenue par son père, Charles-Édouard Turgeon, avec Maurice Gilbert. Toutefois, il donnait déjà un coup de main à l’entreprise depuis déjà quelques années.

«Dans ma famille, nous étions neuf enfants et à cette époque-là, l’argent ne courait pas les rues. Mon père se faisait souvent payer 0,50 $ ou 2 $ par semaine pour rembourser les funérailles. Aussi, à l’époque, nous offrions le service d’ambulance. Mais on se faisait souvent demander de créditer le transport en ambulance quand il y avait un décès, qui coûtait peut-être 3 ou 4 $. Alors, à l’âge de 13 ans, je lavais les voitures et je faisais le ménage des salons», partage-t-il.

Un métier qui devient une passion

 À force d’être plongé dans ce domaine, Richard Turgeon a développé un amour pour la profession de thanatologue et il a ensuite pris les rênes de l’entreprise familiale. Si l’entreprise était déjà centenaire (fondée en 1883 par Charles Moisan), le jeune homme d’affaires a également eu sa part de défis.

«La variété des tâches m’a attiré au départ. Il faut gérer la flotte de véhicules, le parc immobilier, le personnel et organiser des funérailles. J’aime organiser des choses, les structurer et les faire évoluer. […] Ça arrivait souvent que mon père doive se lever à 2h ou 3h du matin pour signer un contrat ou aller chercher un corps, puisque les funérailles devaient se dérouler très rapidement après le décès. Quand j’ai pris la tête, j’ai revu la structure et l’offre de services pour que l’entreprise s’adapte aux changements de mœurs, notamment la fin de l’omniprésence de la religion dans les rituels funéraires», explique M. Turgeon.

Plusieurs années plus tard, après une longue période de réflexion, Richard Turgeon a vendu son entreprise, en 2014, au Groupe Garneau, une entreprise familiale partageant plusieurs valeurs communes avec Gilbert & Turgeon.

Depuis ce temps et jusqu’à sa retraite prochaine, Richard Turgeon a partagé son expertise avec la famille Garneau contribuant notamment à donner vie au nouveau complexe funéraire Blais, Gilbert & Turgeon, le plus bel accomplissement de sa carrière professionnelle selon lui. Il espère d’ailleurs que les gens du quartier Lévis s’approprieront davantage ce lieu au cours des prochaines années, où Gilbert & Turgeon perdurera à travers le temps.

Un hyperactif de l’implication

En plus de ses nombreuses années de carrière dans le domaine funéraire, Richard Turgeon s’est impliqué au sein de nombreuses causes lévisiennes. Fondation Hôtel-Dieu de Lévis, Club Rotary de Lévis, Chambre de commerce de Lévis ou Caisse Desjardins de Bienville sont quelques-unes des organisations qui ont pu compter sur l’entrepreneur. 

«L’implication, c’est une seconde nature pour moi. Je suis actif sept jours sur sept depuis que j’ai 13 ans. Alors, donner un coup de main à des organismes, ça s’est fait naturellement. […] En tant que membre de la communauté lévisienne, je veux que ma ville se développe», illustre-t-il.

Parmi les nombreuses implications, sa plus grande fierté demeure le travail qu’il a fait pour le Journal de Lévis. En plus d’être l’un de ses fondateurs, il a été pendant 17 ans le président du conseil d’administration de la coopérative. «Avec Sandra (Fontaine, la directrice générale du Journal), nous avons bâti ce média de A à Z. Nous avons passé à travers des hauts et des bas, mais maintenant le Journal est bien établi à Lévis», affirme-t-il avec fierté.

Quittant sa carrière de thanatologue «l’âme en paix», Richard Turgeon profitera désormais d’une retraite amplement méritée. Mais pas question pour cet hyperactif de s’asseoir puisqu’il a déjà plein de projets en tête.

«Je serai toujours actif, mais je ne voulais plus avoir des rendez-vous sept jours sur sept. Je vais continuer mes cours de piano. Je me suis aussi découvert des talents de bricoleur et j’ai renoué avec la photo. J’adore ces passe-temps puisque tu ne penses qu’à une chose pendant que tu les pratiques. Aussi, je vais continuer de m’occuper de mes petits-enfants», conclut M. Turgeon.

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