Un jeune employé de la Boucherie Huot a été gravement blessé en 2016 par ce hachoir dont le système d'interverrouillage avait été contourné. CRÉDIT : CNESST

À la suite d'un processus judiciaire hors de son contrôle, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) a rendu publiques, le 12 janvier, les conclusions de son enquête sur l'accident du travail lors duquel un aide-boucher de la Boucherie Huot a été gravement blessé. L'accident est survenu le 10 novembre 2016, à Saint-Nicolas.

Rappelons que le jour de l'accident, le travailleur assistait ses collègues dans diverses tâches au département de la viande hachée. Quelques instants après avoir démarré un hachoir à viande, qui était rempli, le travailleur est monté dans l'escabeau permettant d'accéder à la trémie de l'appareil.

Alors que l'appareil était en marche, le travailleur a ouvert le couvercle protecteur du hachoir, s'est penché et a introduit ses bras, vraisemblablement pour décoller des résidus de viande des parois du hachoir. Le système d'interverrouillage du couvercle protecteur ayant été contourné pour permettre au hachoir de fonctionner en tout temps, le travailleur a été entraîné par des pièces en mouvement et s'est retrouvé coincé à l'intérieur de l'appareil.

Constatant la situation, un collègue a actionné l'arrêt d'urgence et a demandé de l'assistance. Le travailleur a été dégagé de l'appareil. Il a ensuite été pris en charge par les services d'urgence et a été transporté à l'hôpital pour y soigner des blessures à la tête et au membre supérieur droit.

Causes de l'accident

L'enquête a permis à la CNESST de retenir quatre causes pour expliquer l'accident, soit le contournement du système d'interverrouillage du protecteur du hachoir exposait le travailleur à des pièces en mouvement, la méthode de travail appliquée pour intervenir à l'intérieur de la trémie du hachoir ne prévoyait aucune mesure de contrôle des énergies, la gestion relative à l'entretien et la maintenance du hachoir étaient déficientes ainsi que le manque de formation et de supervision du jeune et nouveau travailleur a fait en sorte que ce dernier ignorait le bon fonctionnement du hachoir et les dangers inhérents à son utilisation.

À la suite de l'accident, la CNESST a interdit l'utilisation du hachoir impliqué dans l'accident ainsi que celle d'un deuxième hachoir qui y était relié. Afin que la remise en marche du hachoir à viande soit autorisée par la CNESST, les mesures correctives suivantes ont été exigées :

- s'assurer que toutes les composantes du dispositif d'interverrouillage sont fonctionnelles;

- instaurer une procédure pour le contrôle journalier du fonctionnement du dispositif de sécurité du hachoir;  

- informer les travailleurs qui manœuvrent cette machine des directives de sécurité établies par le fabricant et des méthodes de travail sécuritaires à respecter et leur offrir une formation adéquate, notamment en leur remettant des directives écrites.

Suivis de l'enquête

L'employeur a depuis mis en place des correctifs pour assurer que le dispositif de sécurité des hachoirs est fonctionnel et que la formation des employés est adéquate. Il a aussi établi une procédure pour la méthode de contrôle des énergies. 

Soulignons qu'à la suite de l'accident, un constat a été délivré à l’employeur, qui a plaidé coupable et a payé une amende de 32 630 $ en 2018.

Du même souffle, la CNESST a tenu à rappeler que le contournement d'un dispositif de sécurité d'un équipement va à l'encontre de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), des règlements qui en découlent et des règles de l'art.

Pour éviter qu'un tel accident se reproduise, la CNESST demandera à l'Association des bouchers et bouchères du Québec, à l'Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec ainsi qu'à l'Association des détaillants en alimentation du Québec d'informer leurs membres des conclusions de l'enquête. De plus, le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur diffusera, à titre informatif et à des fins pédagogiques, le rapport d'enquête dans les établissements de formation offrant le programme d'études en boucherie.

Reconnus coupables

Dans un autre ordre d'idées, le propriétaire à l'époque de l'établissement, Bernard Huot, et son fils, Carl Huot, ont été reconnus coupables, le 11 janvier, de négligence criminelle causant des lésions corporelles en lien avec cet accident de travail, selon ce que rapportent des médias de Québec.

La juge attitrée à ce dossier criminel, Annie Trudel, a estimé que les deux hommes, responsables alors de l'entretien des équipements de l'entreprise, ont notamment fait preuve de laxisme en ne faisant pas réparer le hachoir industriel, qui devait s'arrêter lorsque son couvercle était ouvert.

Bernard et Carl Huot reviendront en cour en février afin de connaître la peine qui leur sera imposée.

Notons également que l'employé qui a subi l'accident de travail a lancé une poursuite au civil de 300 000 $ contre ses anciens employeurs, une procédure qui ne s'est toujours pas conclue.


Les plus lus

COVID-19 : l’état de la situation en Chaudière-Appalaches

Selon les plus récentes données compilées au cours des dernières 24 heures concernant la COVID-19, 96 nouveaux cas infectés ont été découverts en Chaudière-Appalaches, ce 28 décembre. Depuis le 24 décembre, ce sont 343 nouveaux cas et 10 décès reliés à la maladie qui ont été constatés sur le territoire.

COVID-19 : la nouvelle variante détectée au Québec

Les données des 24 dernières heures concernant la COVID-19 au Québec rapportent 109 nouveaux cas et 3 décès supplémentaires en Chaudière-Appalaches, ce 29 décembre. Une première personne au Québec a été infectée par la nouvelle souche de la COVID-19,

Chronique historique - Un couple lévisien qui passe à l’histoire

Alfred Leclerc (1853-1914) et son épouse, Camille Guay (1852-1912), ont laissé peu de traces dans l’histoire officielle de Lévis, mais une pierre tombale au cimetière du Mont-Marie est discrètement chargée d’histoire.

Rétrospective de juin

Un parc canin tant attendu, le renouvellement du contrat de l’entraîneur des Chevaliers, un plan d’action pour le communautaire, la feuille de route de la Ville pour l’achat local et l’arrivée d’un nouveau joueur politique à Lévis auront marqué le mois de juin.

Quelques précisions sur le couvre-feu

La vice-première ministre du Québec et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a apporté des précisions sur le couvre-feu qui sera en vigueur dès 20h, ce samedi, à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 7 janvier.

COVID-19 : 101 nouveaux cas et 2 décès en Chaudière-Appalaches

Les données des 24 dernières heures concernant la COVID-19 au Québec rapportent 101 nouveaux cas et 2 décès supplémentaires en Chaudière-Appalaches, ce 29 décembre.

COVID-19 : 134 nouveaux cas découverts et 1 décès supplémentaire en Chaudière-Appalaches

Selon les plus récentes données dévoilées par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec portant sur l'évolution de la pandémie de COVID-19 dans la province, 134 résidents de la Chaudière-Appalaches ont appris hier qu'ils avaient été infectés par le nouveau coronavirus. De plus, la maladie a dernièrement emporté une autre personne demeurant dans la région.

COVID-19 : 8 autres résidents de la région emportés par la maladie

Selon les plus récentes données publiées par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) portant sur l'évolution de la pandémie de COVID-19, huit autres résidents de la Chaudière-Appalaches ont succombé des suites d'une infection au nouveau coronavirus au cours des trois derniers jours.

COVID-19 : la situation ne s'améliorera pas dans les hôpitaux selon l'INESSS

L'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a rendu disponible aujourd'hui la plus récente mise à jour des deux rapports qu'il produit de manière hebdomadaire en soutien aux décideurs et aux gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux.

COVID-19 : hausse importante des nouveaux cas dans la région

Selon le bilan des données des 24 dernières heures concernant la situation de la COVID-19, 178 nouveaux cas infectés au coronavirus ont été décelés en Chaudière-Appalaches et 4 nouveaux décès reliés à la maladie ont malheureusement été enregistrés, ce 5 janvier.