Vestiges du Fort de Beaumont sous la neige, le 4 mars dernier. CRÉDIT : CLAUDE GENEST

Élément à part entière de la défense côtière de Québec lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le Fort de Beaumont est, sans doute, le moins connu des six forts de la Rive-Sud de Québec.

Par Claude Genest - Collaboration spéciale

À l’été de 1914, les alliances européennes sont assemblées pour former les deux groupes qui s’opposeront lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918).

D’un côté, on retrouve les Puissances centrales, composées de l’Autriche-Hongrie, de l’Allemagne et de la Turquie, alors que de l’autre ce sont les forces de l’Entente, avec la Grande-Bretagne, la France et la Russie. Entre les deux camps se sont accumulées des tensions et une guerre semble alors prévisible, voire inévitable.

Dans son ouvrage Août 1914, Barbara W. Tuchman mentionne que l’ancien chancelier allemand Otto von Bismarck (1815-1898) avait prédit des années auparavant que la prochaine guerre «sera déclenchée par une sacrée chose idiote qui se produira dans les Balkans».

Cette «sacrée chose idiote» se produit le 28 juin 1914 avec l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche, héritier de trône d’Autriche-Hongrie, par des nationalistes serbes. Cet événement enclenche une série d’ultimatums et l’historienne américaine Tuchman nous raconte qu’en juillet 1914, «la guerre se présentait à toutes les frontières».

Les événements se précipitent par la suite. Le 28 juillet, on annonce la fermeture des bourses de Montréal et de Toronto pour trois mois. Le 4 août, la Grande-Bretagne déclare officiellement la guerre à l’Allemagne, entraînant le Canada dans le conflit. La défense côtière est au sommet des priorités et Le Soleil du 5 août 1914 rapporte «que la défense de la côte et du fleuve Saint-Laurent est entièrement organisée».

La formulation «entièrement organisée» est nettement exagérée, mais en temps de guerre, la vérité est souvent partielle. Dans les faits, trois ports canadiens sont rapidement protégés, soit Halifax, Esquimalt et, bien sûr, Québec. Rapidement, on s’affaire à compléter les deux forts en chantier depuis 1907 à la Pointe-de-la-Martinière, à l’extrême est de Lévis, auxquels on ajoute deux autres, soit celui de Saint-Étienne-de-Beaumont et de Saint-Jean-de-l’Île d’Orléans.

Le Fort de Beaumont comprend deux bases de ciment sur lesquelles sont installées deux canons «6-inch B» de la compagnie Vickers et un semi-souterrain pour entreposer les munitions plusieurs mètres en retrait des canons. Ce sont donc quatre forts qui travaillent en collaboration pour sécuriser le chenal à l’est du port de Québec.

Construit à la hâte, le Fort de Beaumont est en opération dès l’automne 1914. Une lettre du commandant de la 5e division datée du 7 novembre 1914 nous permet de mieux mesurer les effectifs aux quatre forts. C’est ainsi que 14 hommes sont basés à celui de Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, 27 au Fort de Beaumont, 216 au Fort d’en haut à la Martinière et 76 au Fort d’en bas toujours à la Martinière, pour un total de 333 hommes. Notons que l’ensemble de ce système défensif est actif, sauf en hiver.

L’année 1917 marque la fin du Fort de Beaumont. Comme pour ceux de la Pointe-de-la-Martinière, on protège les équipements avec l’arrivée de l’hiver et de la fin de la navigation le 21 novembre 1917. La menace allemande s’amenuisant, les forts de laRive-Sud ne seront pas actifs en 1918, dernière année de la guerre. Le Fort de Beaumont est définitivement désarmé en 1919-1920, puis abandonné depuis.

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