Le 16 décembre marquera la fin de la carrière de 43 ans de Christian Bédard au sein de la police municipale. CRÉDIT : ÉRICK DESCHÊNES

Le 16 décembre marquera la fin de l’engagement de Christian Bédard de plus de quatre décennies à servir la population. Cette journée marquera la fin de la carrière de 43 ans du Lévisien dans la police, principalement à Lévis.

Dès l’enfance, Christian Bédard, surnommé amicalement le «maire de Lévis» au sein du Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) en raison de sa longévité, de ses nombreux contacts dans la population et de son souci de toujours aider ses collègues, désirait devenir policier.

«C’était mon rêve de jeunesse et j’ai finalement pu l’accomplir à la fin des années 70. J’aurais pu faire carrière en affaires dans le domaine des assurances comme mon père (NDLR : Léo-Paul Bédard, ce regretté citoyen très impliqué à Charny qui a été honoré par la Ville qui a renommé l’aquaréna du quartier en son honneur). Mais j’avais la flamme pour le métier de policier et c’est ce que je voulais faire dans la vie», s’est rappelé le policier lévisien, quelques jours avant son départ à la retraite.

En 1978, Christian Bédard a obtenu son premier poste dans un corps policier, du côté de Rouyn (Abitibi-Témiscamingue). Toutefois, comme il n’y avait pas de possibilité d’obtenir un poste permanent, le jeune agent de la paix a alors décidé de rechercher un nouvel emploi dans les forces de l’ordre. C’est alors que l’un de ses bons amis, Alain Gelly, un policier de Lévis qui a été pendant plusieurs années le porte-parole du SPVL avant sa retraite, l’a prévenu que le service de police de Charny ouvrait des postes. Christian Bédard a postulé et il a pu revenir dans sa ville natale et travailler dans son domaine dès mai 1979.

Un métier en constante évolution

Ces deux premières expériences allaient lancer une carrière qui s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui. Pendant ses 43 années de service dans la police, Christian Bédard a œuvré 20 ans sur la patrouille avant de saisir l’opportunité de relever de nouveaux défis. Lors des 23 dernières années, il a été enquêteur, un poste où il a pu continuer à servir la population.

Sa longue carrière a ainsi pu lui permettre de vivre aux premières loges l’évolution des services policiers sur la Rive-Sud. Après avoir été l’un des employés du service de police de Charny, Christian Bédard a été l’un des artisans du corps de police Chaudière-Etchemin, qui desservait les quatre quartiers du centre de l’actuelle Ville de Lévis. Avec les fusions municipales en 2001, le policier est devenu l’un des agents du SPVL, le nouveau corps policier réunissant tous les services de police présents sur le territoire lévisien.

Également, Christian Bédard a été un témoin privilégié de l’évolution des façons de faire au sein des corps policiers de la province. «Quand j’ai commencé sur la patrouille, c’était les policiers qui devaient répondre eux-mêmes dans leur voiture aux appels des citoyens transmis au corps de police. Ça pouvait amener des situations cocasses. Quand on sortait de notre véhicule pour une intervention, les lumières de l’autopatrouille clignotaient pour nous indiquer qu’on recevait un appel. Il pouvait arriver, qu’on ne pouvait pas revenir à temps pour prendre l’appel», s’est rappelé en riant le policier d’expérience, avant d’ajouter que la Charte canadienne des droits et libertés et que d’autres mesures déontologiques désormais en vigueur n’existaient pas lors qu’il a amorcé sa carrière.

Assurer la justice

C’est lors de son passage aux enquêtes que Christian Bédard a vécu les moments les plus marquants de sa carrière. Parmi les affaires qui le turlupinent encore, l’enquêteur du SPVL cite d’emblée l’affaire Nathalie Godbout. Rappelons que cette résidente de la rue Lavoisier à Saint-Romuald a disparu le 23 septembre 2000 et n’a plus jamais été revue depuis. Si la Sûreté du Québec (SQ) a relancé ses efforts il y a quelques années pour obtenir de nouveaux témoignages, l’affaire est toujours non résolue.

«C’est moi qui a été dépêché sur les lieux à la suite de la disparition. J’ai tout de suite eu l’impression que c’était un meurtre et j’ai transféré le dossier à la SQ. J’aurais bien aimé pouvoir résoudre ce dossier, mais ça n’a pas été possible. Au moins, j’ai pu développer une belle relation avec la famille (dans cette épreuve pour eux)», a partagé l’homme de 63 ans.

Quant à ses bons coups, Christian Bédard nomme l’affaire Gisèle Poitras-Dallaire. Rappelons qu’il y a quelques années, cette aînée s’était introduite dans plusieurs chambres d’autres résidents du Mieux-Vivre, à Lauzon, pour voler leur argent.

«Mme Poitras-Dallaire avait mené une série de vols ciblés et c’était vraiment sournois puisqu’elle était une personne de confiance pour plusieurs des résidents. J’avais vraiment ce dossier à cœur parce que les victimes étaient des gens vulnérables. L’injustice envers les personnes vulnérables, comme les enfants ou les aînés, ça vient vraiment me chercher. Ç’a été un dossier complexe à mener. L’interrogatoire avec Mme Poitras a été très compliqué comme elle niait les faits. De plus, comme les victimes étaient aînés, cela était compliqué pour elles de venir témoigner au palais de justice, mais avec l’aide de l’équipe des relations communautaires et publiques du SPVL, on a pu transporter les personnes qui ont témoigné», s’est rappelé M. Bédard.

Un dernier tour de piste

Reconnu par ses collègues pour son écoute, sa disponibilité et sa grande gentillesse, l’enquêteur, qui était notamment spécialisé dans les affaires d’agressions sexuelles, a d’ailleurs démontré toute sa reconnaissance envers les membres du SPVL avec un geste de grande classe à la fin de sa carrière.

«Prêté» par le SPVL au cours des trois dernières années à l’unité de la lutte contre la contrebande de la SQ, Christian Bédard a demandé de passer ses deux dernières semaines de travail au SPVL. Une occasion pour lui d’aller à la rencontre de tous ses collègues du corps policier lévisien afin de les saluer et de les remercier.

«C’est très important pour moi et quand mes patrons m’ont demandé comment je voulais passer mes dernières semaines, c’était exactement ce que je voulais faire. Il faut être reconnaissant et la police, c’est un travail d’équipe. Les patrouilleurs m’ont aidé à plusieurs reprises et vice-versa. C’est important d’être proche de ses collègues et des citoyens. J’ai pu obtenir plusieurs informations grâce aux liens que j’avais tissés dans la communauté», a illustré le policier.

Si prendre sa retraite n’a pas été «une décision facile», Christian Bédard est désormais serein face à ce nouveau chapitre dans sa vie. Avec sa femme, il compte bien faire le tour du Canada en roulotte au cours des prochaines années, notamment pour taquiner le poisson. Mais la police continuera toujours d’occuper une place importante dans son cœur, l’agent d’expérience désirant demeurer une «oreille» pour ses collègues du SPVL lorsqu’il sera présent dans la région.

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