300 membres du syndicats des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches sont présentement en arrêt maladie. CRÉDIT : BIGSTOCK

Avec un système de la santé déjà fatigué avant même la pandémie de COVID-19, le syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches craint arriver à un point de non-retour dans le prochain mois. Selon l’organisation syndicale, les hôpitaux de Lévis, Montmagny, Saint-Georges et Thetford Mines pourraient se retrouver en bris de service après le 15 octobre prochain, date où le personnel soignant non vacciné sera suspendu sans solde.

«Nos membres sont à bout, c’est la déprime qui s’est installée. Ils n’ont plus espoir que la problématique se règle. Ça fait une année et demie qu’ils font des heures supplémentaires jusqu’à quatre fois par semaine», déplore Laurier Ouellet, président du syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches.

Le syndicat qui représente 3 600 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes dans la région, compte 300 de ses membres en arrêt maladie. M. Ouellet souligne que les urgences, les blocs opératoires, les unités mère-enfant, la psychiatrie ainsi que les CHSLD sont débordés et manquent de temps pour offrir tous leurs services de soin. «C’est un système qui s’est fragilisé d’année en année, ça fait trois ans qu’on dit qu’il va y avoir des problématiques dans nos milieux hospitaliers», argue-t-il.

Pour le moment, ce qui inquiète le plus le syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches est la date du 15 octobre. Le représentant de l’organisation s’attend à une situation «désastreuse».

«Il y a d’énormes problématiques dans le milieu de la santé et ce qui arrive en ce moment, c’est qu’on arrive à un point de non-retour qui va probablement arriver le 15 octobre prochain, exprime-t-il. Il faut arrêter de sortir les menaces. La sortie concernant le congé sans solde à celles non vaccinées a été très mal reçue. Ceux qui vont rester vont payer pour ça.»

Selon lui, la rupture de services dans les hôpitaux de la région est déjà proche. «Ce n’est pas fini, la surcharge de travail est là, elle ne part pas. Il va falloir faire quelque chose pour redonner confiance au système de santé. Il va falloir prévoir qu’il y aura encore plus de coupures, seulement les services essentiels seront disponibles, c’est désolant pour la population», illustre tristement M. Ouellet.

Des solutions

Pour l’organisation syndicale, différentes pistes de solutions ont été soulevées. D’abord, le nombre de cadres est trop important comparativement aux employés «sur le plancher», croit le syndicat.

«On a une centaine de cadres qui ont leur licence, pourquoi ne pas les descendre sur le plancher? Quand le feu est pris, il faut prêter main-forte, pas seulement donner des ordres, il faut qu’ils aillent éteindre le feu», demande Laurier Ouellet.

Également, les agences privées qui engagent à meilleurs prix et offrent des horaires plus avantageux aux infirmières sont une source de problème puisqu’elles ont des conditions plus adéquates au détriment de celles engagées par l’État. M. Ouellet croit que les agences ne devraient que dépanner ou effectuer les quarts de travail moins populaires auprès des infirmières.

Le président du syndicat ajoute que des investissements dans le recrutement et la répartition des tâches devraient être préconisés plutôt que ceux en infrastructures.

«De l’argent pour le béton, il n’y a aucun problème, mais c’est dans les ressources humaines qu’il faut investir, mais on ne veut pas investir. C’est triste parce que la population n’est pas soignée comme elle devrait être soignée à l’heure actuelle. On ne prend que les cas urgents», explique M. Ouellet

Laurier Ouellet déplore que les gestionnaires du système de la santé ne prennent pas faits et actes de la situation.

«Il n’y a plus d’imputabilité dans les CISSS ou les CIUSSS. Il faut redonner une imputabilité du gestionnaire jusqu’au directeur général. Peu importe ce qui se passe, personne n’est jamais au courant de rien», mentionne le président du syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches.

La situation est critique au point tel que des infirmières doivent effectuer jusqu’à quatre quarts de travail supplémentaires obligatoires par semaine, qu’elles ne prennent presque plus de pauses ni même pour aller à la salle de bain.

«Les infirmières aiment leur travail quand elles peuvent soigner les patients comme elles devraient les soigner. À l’heure actuelle, c’est un travail à la chaîne et la chaîne est à veille de casser.»

La patience est de mise

De son côté, le CISSS-CA assure qu’il travaille à l’élaboration de solution concernant la situation de la main-d’œuvre dans ses services hospitaliers.

«Comme toutes les régions du Québec, nous voulons des solutions à long terme pour la pénurie de main-d’œuvre. Toutes les solutions sont sur la table et elles sont étudiées pour savoir lesquelles seront les plus porteuses. Il faut être prudent dans le choix des solutions, car le CISSS doit maintenir les services en lien avec la COVID et continuer à offrir des soins hospitaliers», souligne le CISSS-CA dans un échange de courriels avec le Journal.

Quant à lui, Christian Dubé a indiqué que des annonces importantes à ce sujet allaient être révélées «dans les prochains jours» et que le ministère de la Santé mise sur la réorganisation des services.

«J’aime mieux qu’on s’assure et qu’on planifie une bonne livraison des services à tout le monde, peut-être dans un environnement différent, mais avec du personnel qui est protégé», soutient-il.

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