Photo : Elisa Ventur - Unsplash

La charge mentale définit tout le travail invisible d’organisation et de gestion de la vie familiale et professionnelle ainsi que l’implication émotionnelle auquel est confronté un individu. Ce sont souvent les femmes qui doivent composer avec cette gymnastique complexe et le contexte sociosanitaire dans lequel la société est plongée depuis deux ans n’a fait que l’alourdir. C’est le principal constat qui ressort d’une étude menée par le Centre de recherche sociale appliqué (CRSA) et qui a été présentée le 26 avril par le Réseau des groupes de femmes de Chaudière-Appalaches.

Par Mélanie Labrecque - Collaboration spéciale

Ces impacts sont bien visibles, selon ce qui est rapporté dans Les effets de la crise sociosanitaire de COVID-19 sur la charge mentale des femmes - Le vécu de travailleuses de la région de Chaudière-Appalaches.

Ainsi, la pandémie a fait croître les niveaux de stress, d’anxiété et de fatigue vécus par les travailleuses participantes. Elles ont les émotions à fleur de peau, se sentent submergées, ressentent une fatigue mentale qui fait en sorte que tout semble plus compliqué au travail et à la maison. Elles disent avoir plus de difficulté à prendre des décisions, à s’adapter au changement et être plus irritables. «Ce qui a parfois un impact négatif sur leurs relations professionnelles ou familiales. Certaines mentionnent s’être un peu isolées durant certaines périodes.»

Elles ont aussi noté des manifestations physiques de ce stress et cet épuisement. Certaines ont développé un zona, ont vu leur système immunitaire s’affaiblir, ont constaté des raideurs musculaires et articulaires. «Ces sensations physiques peuvent de plus avoir des répercussions sur leur capacité à vaquer à leurs occupations habituelles.» S’ajoutent des effets sur la qualité et la quantité du sommeil, la prise de médication pour certaines, l’augmentation de la prise d’alcool pour d’autres.

Des causes multiples

«Alors que les écoles et plusieurs services de garde ont fermé au Québec durant plusieurs semaines au printemps 2020 et sporadiquement par la suite, au gré des éclosions et des périodes plus ou moins longues d’isolement des enfants, ce travail invisible des femmes s’est exacerbé», peut-on lire dans le document.

Dans la sphère familiale, les participantes sont celles sur qui est retombée la responsabilité de la garde des enfants pendant les fermetures d’école, les tests de dépistage, les fermetures de classes, etc. Elles devaient donc réorganiser leur vie professionnelle en fonction de ces imprévus.

À cela s’est ajoutée la responsabilité de l’école à la maison. «Prendre du temps pour installer les enfants devant leur écran afin qu’ils suivent leurs cours à distance et pour faire le suivi des devoirs. Il s’agit aussi d’avoir en tête les horaires des différentes activités scolaires des enfants de la maisonnée. […] Ce travail des femmes auprès des enfants se réalise aussi en même temps qu’elles doivent effectuer les tâches liées à leur propre emploi», explique-t-on.

Enfin, toutes les contraintes sanitaires ont réduit l’accès à l’aide extérieure à laquelle elles avaient accès.

Professionnellement, l’implantation du télétravail a eu des effets positifs en permettant une plus grande flexibilité des horaires.

Toutefois, la gestion de l’espace de travail pour tous les membres de la famille est devenue un enjeu important, tout comme la réduction de l’étanchéité entre la vie personnelle et professionnelle. «Les sollicitations constantes et de toutes parts de collègues, de supérieurs, ou des enfants rendent aussi le télétravail particulièrement difficile. Le répit est difficile à trouver. Des femmes expriment un grand besoin de se retrouver seules.»

La santé et la sécurité des proches ont aussi pesé lourd dans la balance alors que, par exemple, les proches aidants ne pouvaient plus entrer dans les CHSLD et les RPA, veiller sur un proche qui habite seul ou aller faire son épicerie.

Solutions

Le portrait n’est pas tout noir, les participantes ont aussi identifié certaines pistes de solution pour réussir à alléger leur fardeau. Cependant, elles sont bien souvent le fruit d’initiatives individuelles et non collectives.

Cette recherche a ainsi permis de mettre en lumière certains constats qui pourraient contribuer à une transformation durable de cette charge.

Il faudrait considérer l’enjeu de la charge mentale comme un enjeu collectif et structurel, bonifier les services publics de soutien aux femmes dans leurs différents rôles (répit, services aux enfants et aux proches dépendants, etc.) dans une perspective d’allègement de la charge mentale et déconstruire les stéréotypes de genre et de la division sexuelle du travail avec une perspective intersectionnelle.

Méthodologie

Cette étude a été réalisée dans le cadre de l’Entente sectorielle de développement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes dans la région de la Chaudière-Appalaches 2019-2021.

Elle a été menée en trois volets : recherche documentaire et statistique ciblée pour définir le concept de charge mentale et recenser les données à ce propos et qui portent sur la crise de la COVID-19.

Ensuite, il y a eu la collecte de données qualitatives. Les entrevues ont été réalisées en mai 2021 auprès de 22 femmes originaires de Lévis ainsi que de 7 des 9 MRC de la région. Elle a consisté en une entrevue d’une durée moyenne de 45 minutes visant à recueillir les points de vue et les expériences des travailleuses par rapport à l’impact de la pandémie sur leur charge mentale.

Enfin, il y a eu analyse secondaire des données recueillies dans le cadre du projet Répercussions de la pandémie sur les groupes de femmes en Chaudière-Appalaches, État de situation 2020-2021.

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