Marianne Tremblay et Rose Simard portent les chandails qu’elles ont créés dans le cadre de leur cours d’entrepreneuriat pour sensibiliser leurs pairs à l’hypersexualisation. Photo : Courtoisie

Le code vestimentaire d’établissements scolaires favoriserait-il l’hypersexualisation de la femme? La réponse serait oui selon Marianne Tremblay et Rose Simard, deux élèves de secondaire cinq à l’École secondaire les Etchemins (ESLE) de Charny. Dans le cadre de leur cours d’entrepreneuriat, elles ont entamé des démarches afin de faire changer la réglementation à ce sujet.

«On considère qu’encore en 2022, il y a beaucoup de sexualisation par rapport au corps de la femme. Selon nous, c’est quelque chose qui devrait changer. On souhaitait donc faire de la sensibilisation par rapport à ce sujet et faire réaliser aux gens l’importance de prendre en compte cet enjeu», met en lumière Rose Simard.

Elles ont donc décidé de s’attaquer au code vestimentaire de leur école secondaire. L’arrivée du printemps rime avec l’arrivée des restrictions concernant les vêtements qu’il est possible de porter dans les écoles. Bretelles de plus de 2 cm, couvrir le tronc et pantalon, jupe ou robe au minimum 10 cm au-dessus des genoux sont notamment des règles qui s’appliquent.

En effet, pour les deux jeunes femmes, le code vestimentaire renforce le concept de l’hypersexualisation, car pour elles, la peau d’une épaule ou d’un abdomen ne devrait déranger en rien à la concentration ou à la scolarisation des élèves.

Les jeunes femmes sont tout de même conscientes que le lieu dans lequel elles se trouvent constitue un établissement d’enseignement et qu’il doit y avoir une certaine rigueur concernant la tenue vestimentaire. Cependant, un ajustement des règles ne serait pas de refus pour ces dernières.

Collaboration entre enseignants et élèves

Dans le cadre de leur projet, Marianne et Rose ont d’abord effectué leur recherche terrain. Elles ont discuté avec des enseignants pour connaître leur opinion à ce sujet et ont ensuite fait un sondage auprès de leurs pairs afin de prendre le pouls de la communauté de l’ESLE.

1 100 personnes fréquentent l’établissement scolaire. Sur ce nombre, près de 50 % des élèves ont accepté de répondre au sondage. Selon elles, les résultats ont été concluants et la pluralité des répondants est ouverte à revoir la réglementation.

«La majorité des professeurs étaient prêts à un changement du code vestimentaire dans l’école. Certains élèves ont aussi inscrit vouloir garder certaines mesures, car on est dans un milieu d’éducation et on comprend qu’on ne peut pas tout enlever du jour au lendemain. Malgré tout, les réponses des élèves et des profs se ressemblaient beaucoup», souligne Marianne Tremblay, encore surprise des conclusions de l’enquête.

D’ailleurs, bien que dans le sondage le sexe des répondants n’ait pas été demandé, certains garçons l’ont tout de même mentionné pour offrir leur point de vue. «Il y avait des réponses ouvertes où certaines personnes ont écrit ‘‘Je suis un homme et je pense que ça doit changer’’ ou encore ‘‘Je suis un garçon et je crois que le code vestimentaire est sexiste’’», ajoute-t-elle.

Argumentaire

 La recherche que Marianne et Rose ont faite a pu appuyer les arguments qu’elles ont présentés à la directrice avant de lui proposer des changements. Les arguments pour faire valoir leur position concernaient différents facteurs, tels que l’environnement, les mœurs de la société et les valeurs de l’école. Elles y ont même ajouté des témoignages.

La société et ses critères de mode seraient également un facteur qui impacterait les choix vestimentaires des élèves.

«Il faut prendre en considération la mode de nos jours. Dans les magasins, un chandail qui va au niveau du nombril, sachant que les jeans sont faits beaucoup plus hautes qu’avant, c’est seulement un petit écart de peau qu’on va voir et on ne comprend pas pourquoi cette petite partie de peau là est aussi dérangeante», arguent les jeunes femmes.

En fin de compte, accepter de voir de la peau au niveau des épaules, 1 ou 2 cm au niveau de l’abdomen à hauteur du nombril et 20 cm plutôt que 10 au-dessus des genoux serait un pas dans la bonne direction, selon Marianne et Rose. «Ça couvre amplement ce qui a besoin d’être couvert.»

Ton corps est ton art

Faire changer la réglementation est définitivement l’un de leurs objectifs principaux, en revanche les deux élèves souhaitent également sensibiliser les autres jeunes à l’hypersexualisation. Pour ce faire, elles ont mis en place divers moyens.

Par le biais d’affiches sur les murs de l’école et d’une vente de chandails d’une entreprise québécoise, elles ont tenté de mobiliser les élèves.

«On a fait des chandails avec des phrases inspirantes (tel que Ton corps est ton art) qui venaient sensibiliser sur le sujet. On les a vendus et les profits qui ont été faits seront remis à la fondation Viol secours pour les femmes victimes d’agressions sexuelles», mentionne Rose.

«En société, la sexualisation du corps de la femme provoque des impacts. Par exemple, avec le mouvement Me Too, des personnes dénonçaient des agressions sexuelles qu’elles avaient vécues, ce à quoi des gens répondaient ‘‘Mais tu étais habillée comment?’’. C’est venu renforcer le principe que si une femme dévoilait un peu plus de peau, c’était de sa faute et qu’elle était responsable», ajoute Marianne.

Les jeunes femmes auront une réponse positive ou négative concernant leur demande à la fin de l’année scolaire. Peu importe le résultat, elles espèrent seulement avoir un impact. «Notre but ultime c’est d’être capable de changer les choses, mais si ça amène seulement à faire réfléchir les gens, on va avoir quand même atteint notre objectif», concluent-elles.

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