Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches, la population de la région s’est fragilisée en raison de la crise de la COVID-19. CRÉDIT:FERNANDO @CFERDO - UNSPLASH

La pandémie causée par le nouveau coronavirus a changé les façons de faire de la société, si bien que les gens se sont retrouvés, du jour au lendemain, confinés à la maison face à plusieurs grands défis. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA) fait état de la situation des impacts d’un tel changement sur la santé, mentale de la population sur le territoire alors que le Québec est présentement en processus de déconfinement.

Bien que le CISSS-CA n’a pas constaté une hausse des demandes d’aide en santé mentale, la population a été fragilisée par le contexte de la pandémie, constate Michel Laroche, directeur des programmes Santé mentale et Dépendance au CISSS-CA. 

Ce dernier a remarqué trois sortes de clientèles depuis le début de la crise. La première est celle aux prises avec des maladies mentales déjà connue par les services du CISSS-CA. «Les organismes communautaires nous partageaient que notre clientèle connue est plus fragile. On sent que ça pèse plus lourd qu’à l’habitude pour ces gens-là», rapporte M. Laroche. 

Ensuite, la clientèle «fragilisée par des facteurs économiques, familiaux ou personnels» a émergé. «Leur fragilité a eu comme élément déclencheur, la perte d’emploi, une précarité financière ou d’être confiné à la maison avec une situation familiale plus difficile», résume le représentant du CISSS-CA.

Puis, le troisième type de clientèle est celui qui a bénéficié de la situation du confinement pour se rapprocher de son noyau familial. Malgré tout, le CISSS-CA a remarqué qu’«une fatigue générale» est perceptible sur le terrain.
Une hausse d’activités pour le protocole RÉMI

Selon M. Laroche, la tendance du nombre de suicides annuel n’a pas augmenté au cours de cette période difficile si on la compare aux années précédentes. Par contre, le protocole Réagir au phénomène du suicide, mobiliser et intervenir en continuité (RÉMI), cette concertation entre les différents premiers répondants de la région afin de venir en aide aux personnes suicidaires et leurs proches, a été très sollicité dans les derniers mois. «On a dû faire plus d’interventions, parce que plusieurs ont levé la main puisqu’ils tenaient des propos suicidaires», souligne le directeur des programmes Santé mentale et Dépendance. 

L’élément positif qu’en retire Michel Laroche, c’est que les gens ont demandé de l’aide, ce qui est souvent l’une des étapes les plus difficiles à franchir pour les gens  souffrant de détresse psychologique.

Une région mobilisée

Selon M. Laroche, le CISSS-CA était prêt à faire face aux défis reliés à la santé mentale pendant la crise. «On a ajouté des intervenants dans les équipes d’intervention de crise afin d’être disponible rapidement pour une intervention, mentionne-t-il. Nos équipes continuent d’intervenir auprès de la population par des services de téléconsultation et quand on sent que la personne est plus fragile, on se déplace sur place avec les mesures de protection requises.»

Il ajoute également que tous les organismes, institutions, services d’aide, de même que les élus municipaux, assurent une vigie constante pendant ces moments difficiles. «Je pense que ce tissu de services mit en place pour s’assurer d’un meilleur tissu social, ça a contribué à une réponse aux besoins qui sont très présents.»

Une offre de services adaptée à la COVID-19

Afin d’aiguiller les gens qui souffrent d’anxiété et de stress reliés à la COVID-19, le CISSS-CA a mis sur pied une offre de services spécialisée. Ce programme de cinq semaines permet à ceux qui en font la demande d’être suivis et informés hebdomadairement par le même intervenant à propos de l’anxiété que peut provoquer la situation de pandémie.

«On s’est aperçu que plusieurs personnes appelaient dans des services en lien avec la santé mentale pour de l’anxiété en lien avec la COVID. […] On a fait le ménage de toute l’information qui est sortie afin de soutenir la population et la démêler dans tout ça», explique Claudine Lepage, chargée de projet du Programme québécois pour les troubles de santé mentaux – secteur adulte au CISSS-CA.

Pour en bénéficier, les gens qui vivent de la détresse psychologique en lien avec la COVID-19 n’ont qu’à composer le 811, se diriger vers la ligne Info-social et nommer qu’ils vivent de l’anxiété reliée à la    COVID-19.

«Il y a un besoin bien présent. Au début de la pandémie, on a constaté une baisse des consultations, mais là, ça recommence sous forme d’état de crise, les organismes voient les impacts collatéraux. C’est ce qu’on veut éviter et cette offre de services vient soutenir les gens avant que ça se détériore», met en lumière Mme Lepage.

«Il faut demeurer très vigilant parce qu’on reprend certaines activités de plaisir, mais en même temps, les gens ont une certaine usure. Ça a demandé beaucoup d’efforts pendant une certaine période. Si le déconfinement se passe bien, ça devrait s’estomper normalement, mais si on se retrouve avec une deuxième vague et des mesures de reconfinement, on aura un tout autre défi», expose M. Laroche.

Des travailleurs en détresse psychologique

Selon ce que rapporte une étude de l’équipe de chercheurs dirigée par Caroline Biron, professeure à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval et directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité au travail, 48 % des travailleurs québécois présentent un niveau élevé de détresse psychologique au travail. Une augmentation de 20 % comparée aux données récoltées en 2015.

60 % des répondants qui travaillent dans le secteur de la santé et des service sociaux affirment avoir un niveau élevé de détresse psychologique.

75% des répondants rapportent également souffrir de problèmes de sommeil.

De plus, près du tiers des répondants considère offrir une performance au travail égale ou inférieure à 70 % de leur capacité maximale.

L’équipe du professeure Biron a sondé un échantillon de 1 259 travailleurs québécois représentatif de la population en terme d’âge, de sexe et de scolarité. Cette étude a été réalisée du 30 avril au 7 mai dernier.

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