CRÉDIT : COURTOISIE - CSN

Voici une lettre ouverte d'Ann Gingras, présidente du conseil central Québec-Chaudière-Appalaches de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), portant sur la place du dossier de la Davie dans la campagne électorale fédérale.

Aux chefs de partis fédéraux,
Aux candidates et candidats de la région de la Capitale nationale et de Chaudière-Appalaches

Nous sommes à mi-chemin de la campagne électorale et de nombreuses questions demeurent en suspens. C’est normal nous dira-t-on, les partis ne peuvent faire qu’un nombre limité d’annonces par jour et ne peuvent traiter de tous les sujets. L’un d’eux, toutefois, est d’importance capitale pour notre région et mériterait certainement une position claire. Il s’agit de l’avenir de la Stratégie nationale en matière de construction navale (SNCN).

On l’a vu l’hiver dernier, lorsque les voies maritimes du Saint-Laurent et du Saguenay ont été immobilisées par les glaces, le Canada a de grands besoins en matière de navires, notamment de brise-glaces, mais aussi de traversiers, de frégates, de navires de patrouilles extracôtiers, entre autres. C’est pour cette raison que le pays s’est doté, il y a maintenant 8 ans, d’une stratégie nationale.

Or, comme on le sait, la SNCN s’est avérée manifestement déficiente. En ne sélectionnant que deux chantiers maritimes comme partenaires, le gouvernement s’est retrouvé dans la situation que nous connaissons aujourd’hui. Retards, dépassements de coûts, insuffisance générale de la capacité de production pour livrer les navires pourtant nécessaires à la bonne marche des opérations de la Garde côtière canadienne et de la Marine royale canadienne.

Il y a quelques mois, le gouvernement libéral, par le biais du premier ministre Justin Trudeau, a annoncé l’ouverture d’un processus compétitif pour ajouter un troisième chantier maritime à la SNCN. Ce troisième joueur doit, en toute logique, être le chantier Davie. D’abord, parce que ce chantier détient 50 % de la capacité de production au pays et ensuite parce que ce chantier a déjà fait ses preuves à plusieurs reprises en ce qui concerne l’innovation, les délais et la qualité de la production par les hommes et les femmes qui y œuvrent. Cependant, le tout a été stoppé net par le déclenchement de la campagne électorale. Il n’a pas été possible de terminer le processus en raison du chantage éhonté d’un petit chantier ontarien qui œuvre dans le secteur de la réparation. Ce chantier a d’ailleurs retiré sa plainte, comme par magie, à la suite du déclenchement de la campagne électorale.

Nous le savons tous, l’élargissement de la SNCN est un enjeu stratégique pour le pays. Il s’agit, à la fois, d’assurer le renouvellement de notre flotte de navires qui en a grandement besoin ainsi que de l’avenir de l’industrie de la construction navale. Pour notre région, l’inclusion du chantier Davie serait l’occasion de réparer une grave injustice historique et viendrait assurer du travail pour, au moins, les deux prochaines décennies. L’impact en termes de développement et de retombées économiques pour la région, le Québec même, est énorme.

Malheureusement, à ce jour, nous ne savons toujours pas où logent l’ensemble des partis politiques sur ces questions. C’est pourquoi nous nous adressons à vous aujourd’hui et nous vous demandons de prendre une position claire sur l’avenir de la Davie avant la fin de la présente campagne électorale. Deux questions fort simples se posent. Allez-vous, oui ou non, poursuivre le processus pour inclure un troisième chantier dans la Stratégie nationale en matière de construction navale si vous êtes élus ? Allez-vous, oui ou non, ordonner à la fonction publique de considérer objectivement et de manière impartiale la candidature du chantier Davie ? Mesdames, messieurs, la balle est dans votre camp.

Ann Gingras, présidente
Conseil central de Québec–Chaudière-Appalaches (CSN)

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