Laurent Gagnon s’est inspiré des jeux d’eau et du monde aquatique. CRÉDIT : AUDE MALARET

Alors que le nouveau complexe aquatique de Saint-Nicolas ouvre enfin ses portes au public le 18 janvier, les premiers visiteurs découvriront, en plus des installations sportives, une œuvre sculpturale de l’artiste de Québec Laurent Gagnon. L’artiste nous a ouvert les portes de son atelier pendant le processus de création.

C’est de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent, dans l’atelier de Laurent Gagnon, qu’est née Joyeux Tumulte, l’œuvre qui se trouve désormais suspendue dans le bâtiment du nouveau complexe aquatique à Saint-Nicolas. Inspirée par les jeux d’eau, la sculpture évoque le mouvement et les remous du monde aquatique.

Fabriquée en aluminium, parfois recouvert de peinture industrielle dans des teintes caractéristiques des piscines, l’installation se compose de trois éléments, une vague, une torsade qui ressemble à une algue et de plusieurs pièces dont la forme se rapproche d’une cellule. 

Lévis comptera donc une œuvre de plus dans sa collection d’art public qui s’étoffe régulièrement au fil des aménagements sur le territoire. La Politique d’intégration des arts à l’architecture prévoit en effet qu’1 % du budget de construction d’un bâtiment public soit consacré à une installation artistique.

Puisqu’une suspension était souhaitée dès le début du projet par la Ville de Lévis, la structure du toit a été prévue en conséquence dans les plans du bâtiment. L’artiste a ensuite imaginé sa création en fonction de contraintes techniques, d’espace et de manière à ce qu’elle puisse être accrochée sur la grille qui sert d’ancrage à l’œuvre. Pendant sa fabrication, Laurent Gagnon avait estimé le poids de la vague a environ 450 livres.

Si les morceaux de métal qui composent la vague ont été découpés au laser par une entreprise spécialisée et la peinture industrielle réalisée par des professionnels, c’est l’artiste qui a réalisé à la main toutes les finitions afin d’obtenir l’aspect voulu.

«Mon travail emploie la couleur et utilise les contrastes entre la matière brute, le travail fait main et les procédés industriels. C’est une rencontre improbable entre quelque chose de très organique et des procédés technologiques», explique-t-il.

Laurent Gagnon a ensuite procédé à l’assemblage dans son atelier à partir de maquettes en bois. Les différentes pièces qui composent la structure ont été assemblées par des rivets. 

«En premier lieu, on voit une forme, c’est une composition. Au fur et à mesure qu’on regarde, il y a toutes sortes d’effets qui apparaissent, des effets d’optique et des objets qui surgissent. Sur la surface, il y a un jeu avec les rivets qui peuvent faire penser à des bulles», observe Laurent Gagnon. Et d’ajouter, «le rivet est un point de contact, ce qui fait que ça tient, mais ça devient un rythme».

Être attentif au public 

Avec Joyeux Tumulte, l’artiste a conçu une œuvre qui ne restera pas «hermétique» pour le public, estime-t-il. «Il ne faut pas avoir de notion pour la comprendre. On arrive devant et on vit une expérience. Si je peux susciter une expérience esthétique, le but est atteint», espère-t-il.

«Dans le cadre de l’art public, c’est important de faire une œuvre qui soit attentive au public auquel elle s’adresse. Il y a un élan vers les gens, mais généralement la pièce reste accessible pour tout le monde.» 

Intéressé par l’art public, Laurent Gagnon estime que les œuvres installées dans les lieux publics doivent pouvoir «vieillir dans l’espace et rester pertinent dans le temps», en ce qui a trait à leur le sens comme leurs qualités physiques. «L’art qui vit dans un bâtiment est présent sans trop l’être. Il manquerait quelque chose d’essentiel si on l’enlevait, mais l’œuvre se fond dans son univers.»

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