Coiffe anhydre VII, porcelaine, 2020. CRÉDIT : ÉTIENNE DIONNE

Son matériau de prédilection est la porcelaine qu’elle travaille depuis une vingtaine d’années. Artiste établie à Lévis, Amélie Proulx présente ses œuvres dans le cadre de la 7e édition de la Foire en art actuel de Québec en format virtuel jusqu’au 6 décembre et d’une exposition à la Galerie 3 à Québec jusqu’au 20 décembre.

Blanches, de couleur crème ou claire, dans des teintes naturelles, les sculptures d’Amélie Proulx semblent à la fois fragiles et figées dans le temps. Immuables. L’artiste travaille la porcelaine.

«Au fil des ans, j’ai développé un intérêt pour la porcelaine qui est un type de pâte céramique reconnu pour ses qualités de blancheur, de plasticité, de pureté et de fragilité. Ça a toutes ces connotations. Ça me permet de venir mettre l’emphase sur certaines thématiques que j’aborde dans mon travail.»

Ce sont le temps qui passe et la perpétuelle transformation des phénomènes naturels qui sont au cœur du projet artistique d’Amélie Proulx. L’artiste s’intéresse ainsi aux natures mortes, aux memento mori et aux vanités, dont elle reprend certains symboles tout en s’appropriant cet univers visuel pour créer le sien dans un espace contemporain.

«Mes sculptures évoquent ces phénomènes de transformation qui ne sont pas figés dans le temps, même si la matière est fixée à travers un processus de cuisson qui lui, amène des changements physiques très importants», partage-t-elle.

Lorsqu’elle travaille la porcelaine, Amélie Proulx désire conserver une certaine souplesse dans une matière qui est figée lors du processus de cuisson. Ses œuvres contiennent une métaphore du monde qui entoure l’artiste et sa perception des phénomènes naturels où tout est en perpétuelle transformation.

«Le temps, pour moi, c’est quelque chose qui est fluide, qui amène des transformations, c’est ce qui m’intéresse. Avec la céramique, c’est comme si on accélérait un temps géologique. Ce sont des matériaux sédimentaires et on les met dans le four. J’aime à penser que mon travail implique différents types de temps, différentes juxtapositions de temps.»

Amélie Proulx utilise la porcelaine d’une façon sculpturale, un matériau pourtant assez capricieux, qui n’est pas «facile à travailler dans des formes très complexes et de grande échelle».

«Le travail de la céramique est un processus assez laborieux.» La sculptrice  travaille à partir de moulages, pour lesquels elle fabrique des moules en plâtre. C’est le procédé qu’elle a utilisé pour fabriquer les crânes de la série Coiffe anhydre, présentée en ligne à la Foire en art actuel de Québec au foireartactuel.ca. Amélie Proulx a ensuite façonné les coiffes «à partir de différentes techniques élaborées au fil des ans».

«On travaille avec une barbotine de porcelaine, c’est une argile liquide qu’on coule dans le moule. Le plâtre doit absorber le surplus d’eau de la barbotine. Ensuite, c’est comme si on faisait une petite poule en chocolat. On laisse la paroi se former et on vidange le surplus de la barbotine. On a un objet avec une paroi d’une épaisseur uniforme, qui n’est pas plein. On ne pourrait pas cuire un objet solide, ça serait beaucoup trop long à sécher et les risques d’explosion seraient élevés», explique-t-elle.

L’artiste utilise également différentes techniques de façonnage pour assembler le matériau de toutes sortes de manières. Viennent enfin les dernières étapes avec le séchage, la finition, la cuisson, «généralement deux, particulièrement si on veut faire une glaçure», précise Amélie Proulx.

«C’est un processus qui nécessite du temps et qui permet de prendre du recul sur ce qu’on est en train de faire, car ce n’est pas instantané comme la peinture. On ne voit pas le résultat immédiatement. Et souvent, quand on ouvre le four après la dernière cuisson, on est surpris positivement ou moins du résultat. Parfois, il y a des accidents intéressants et ce qui n’était pas prévu devient un vecteur de création.» 

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