La flotte de 43 autocars nolisés d’Autobus Fleur de Lys est inactive depuis la mi-mars. CRÉDIT : COURTOISIE

Depuis qu’une partie de la Chaudière-Appalaches est passée au palier d’alerte rouge, plusieurs mesures ont été mises en place, dont la fermeture de certains commerces et établissements de la région. Cette situation est de plus en plus difficile à vivre pour les entrepreneurs concernés.

«C’est une catastrophe économique et humaine», qualifie Georges Morissette, président et directeur général d’Autobus Fleur de Lys, dont les activités sont réduites à zéro depuis le 13 mars dernier. L’entreprise de Charny, qui se spécialise dans le transport nolisé touristique, ne peut plus effectuer de voyages organisés au Québec pour les visiteurs étrangers ou aux États-Unis, puisque les frontières sont fermées depuis le mois de mars.

«Le tourisme allait très bien en 2019. En 2020, on se dirigeait vers une année exceptionnelle. On ne pense pas que ça va revenir avant 2023», s’inquiète l’entrepreneur. Ce sont 8,5 M$ de revenus qui n’ont pas été engendrés, 1 700 contrats qui n’ont pas été honorés et 86 mises à pied depuis mars dernier. 

«On avait un espoir au niveau du transport des équipes de sport scolaire et collégial. Ça avait commencé légèrement, mais depuis le 1er octobre tout est arrêté», partage M. Morissette, qui se réjouissait de pouvoir réengager quelques employés et sortir quelques autocars de son garage qui contient une flotte de 43 véhicules.

Pour le moment, le secteur d’activités des transports nolisés fait partie «des grands oubliés de la pandémie». «Ça va prendre une aide spécifique parce qu’on ne pourra pas passer à travers. On ne pourra pas supporter nos flottes pendant deux ans sans quasi aucune activité, ajoute l’entrepreneur. Il faut que nos entreprises restent en vie parce que quand ça va reprendre, le marché va avoir besoin de nous.»

Pour le moment, la Fédération des transporteurs par autobus a effectué plusieurs représentations auprès des différents paliers de gouvernement afin d’obtenir une aide spécifique au secteur des transports nolisés. Elle a d’ailleurs demandé une aide à hauteur de 16 M$ au gouvernement fédéral, rapporte Georges Morissette.

Des décisions drastiques dans les gyms

Lorsqu’il a su que Gym Facteur 23 devait fermer ses portes de nouveau à la suite de l’annonce du gouvernement provincial la semaine dernière, Éric Olivier, président et entraîneur personnel de la salle d’entraînement lévisienne, s’est dit déçu de devoir en arriver là de nouveau. «Il y a une incohérence comparée à certains endroits où la distanciation est plus difficile. Depuis le début, il n’y a pas eu de cas dans les gyms et on se retrouve à être dans les premiers à fermer», déplore-t-il.

Déjà que la réouverture en juin n’avait pas été facile puisque l’été est la «saison morte» des salles d’entraînement, cette deuxième fermeture est un coup difficile à prendre. «On arrive en septembre, on connaît d’excellents chiffres malgré tout, et octobre s’enlignait bien aussi. On commençait à prendre notre erre d’aller et on nous demande de fermer», soupire le représentant de Gym Facteur 23.

Éric Olivier s’attend au pire et ne croit pas que les réouvertures se feront vraiment le 28 octobre comme l’annonce le gouvernement provincial.

De plus, il s’inquiète de la santé de ses membres qui sont, eux aussi, très déçus de constater cette nouvelle fermeture. «Les centres d’entraînement sont très propres et les gens qui viennent améliorent leur bien-être physique et mental ainsi que leur système immunitaire du même coup», explique l’entrepreneur.

Comme au printemps dernier, Gym Facteur 23 explorera d’autres avenues afin d’offrir des services à ses membres jusqu’à sa réouverture via des plateformes en ligne.

Un bâton dans les roues pour les cinémas

Sylvain Gilbert, directeur des cinémas Lido et des Chutes, qui a dû lui aussi fermer ses portes en raison de la zone rouge, devra patienter pour accueillir de nouveau ses clients dans ses cinémas. «On était en pleine organisation, l’assistance était en augmentation et on attendait les films américains qui s’annonçaient pour nous donner un deuxième souffle. On remontait la pente lentement et sûrement, on était capable de payer nos frais avec l’assistance et les salaires des employés avec l’aide gouvernementale», expose l’entrepreneur lévisien.

Malgré que l’achalandage de ses salles était moindre qu’à pareille date, M. Gilbert croyait être en mesure de continuer sur cette lancée jusqu’à ce que les nouvelles réglementations de la Santé publique l’en empêchent. 

«C’est comme si on sortait finalement la tête de l’eau, mais qu’il y a quelque chose qui nous  accrochait le pied et qui nous ramenait dans le fond de l’eau à bout de souffle», mentionne-t-il.
Malgré que la situation soit difficile pour lui, la communauté s’est mobilisée derrière ses cinémas. «On a beaucoup de support sur les réseaux sociaux, c’est le seul lien qu’on peut avoir avec la clientèle en ce moment. On a reçu des abonnements supplémentaires pour nous soutenir, notre clientèle est très solidaire», raconte Sylvain Gilbert.

Puisqu’il n’a pas le choix, l’entrepreneur accepte la situation que lui imposent les instances gouvernementales et implore les citoyens de respecter les mesures sanitaires pour le bien de l’économie. «Il faut que les gens comprennent que quand ils ne suivent pas les règles de la Santé publique, nous ça nous ralentit de rouvrir nos portes et on perd de l’argent plus on reste fermé», conclut-il.

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