Geneviève Dumont et Manon Bélanger enseignent ensemble dans une classe de 48 élèves à l’École Notre-Dame-d’Etchemin à Saint-Romuald. CRÉDIT : FRANCIS MARTEL - COLLABORATION SPÉCIALE

Alors que la tendance est plutôt de tenter de diminuer le nombre d’élèves par classe, deux enseignantes de l’École Notre-Dame-d’Etchemin de Saint-Romuald ont fait le pari de former un seul groupe de 48 étudiants.

Par Francis Martel - Collaboration spéciale

Et s’il faut en croire leur témoignage, la formule fonctionne.

«Il y a vraiment plusieurs avantages. Les enfants ne sont jamais seuls. Dans un groupe régulier, lorsqu’il y a un conflit à régler ou un élève qui ne va pas bien, on doit sortir de la classe et on n’est jamais certain que le groupe continue à bien travailler pendant ce temps-là. Là, maintenant, je n’ai qu’à faire un signe discret à ma collègue et elle continue à les faire travailler», donne en exemple Geneviève Dumont, coenseignante en 5e année avec Manon Bélanger.

Mme Bélanger y voit également un gros avantage au niveau de la gestion de classe.

«S’il y en a une qui est en animation, l’autre est en soutien, on peut intervenir s’il y a des comportements dérangeants. […] Aussi, si on voit qu’il y en a un qui ne suit pas du tout, on peut aller faire un petit coucou et donner un petit coup de main pendant que le cours se poursuit en avant», renchérit-elle.

En début d’année, elles admettent que les interventions étaient plus régulières, mais avec le temps, les élèves se sont adaptés de belle façon. 

Grande complicité

 Les deux enseignantes sont conscientes que leur grande complicité fait partie des éléments clés de la réussite d’une telle formule.

«On sait qu’il y a des collègues en coenseignement qui se séparent des matières. Manon et moi, ça ne nous tentait pas. Nous y allons au feeling chaque jour. Parfois, je pars le matin et je suis prête à enseigner les mathématiques. Pendant ce temps-là, Manon prend le soutien», confie Mme Dumont.

«Vraiment, ça coule tout seul, d’où l’importance d’avoir une grande complicité», ajoute Mme Bélanger.

Il faut dire qu’elles vivent jusqu’à un certain point une situation qui se rapproche d’une vie de couple.   

«On avait des affinités personnelles. On est devenue amies avant de se lancer dans ce projet-là. C’est important parce qu’on rentre beaucoup dans l’intimité de l’autre. Au quotidien, j’enseigne devant elle. Je discipline mes élèves devant elle. On fait tout l’une devant l’autre», fait remarquer Mme Dumont.

Les deux collègues insistent d’ailleurs pour dire qu’elles n’auraient pas «embarqué dans ce projet avec n’importe qui». 

L’adhésion des parents

 Au départ, elles ne cachent pas que certains parents étaient réticents. Ils craignaient que les besoins particuliers de leur enfant, ayant par exemple un déficit d’attention, ne soient pas bien répondu.

«Finalement, on a eu de beaux commentaires. On a déjà deux bulletins de passé. On a fait des rencontres de parents et plusieurs sont impressionnés de la façon dont ça se déroule. Même certains élèves ont eu de grosses améliorations. Parce qu’un élève qui a besoin de plus de soutien est à la bonne place. Il y a toujours une des deux qui va être disponible pour donner un coup de main», soutient Mme Bélanger.

Pour le moment, il s’agit de l’unique classe en coenseignement à cette école de Saint-Romuald. Devant l’expérience positive de cette année, elles ont l’intention de récidiver l’an prochain.

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