CRÉDIT : NICOLE DE KHORS - BURST

Dès le début de l’épidémie de COVID-19, les responsables de la Santé publique, au Québec comme ailleurs, ont insisté sur l’âge, comme facteur de risque. On a identifié les 70 ans et plus comme étant les plus susceptibles de subir des complications majeures, d’être hospitalisés aux soins intensifs et, éventuellement, d’en mourir... Mais l’âge n’est pas le seul facteur de risque.

Par Pierre Sormany – Le Détecteur de rumeurs — Agence Science-Presse

Il est vrai que les gens de 70 ans et plus comptent pour 33 % des cas détectés de COVID-19, alors qu’ils ne forment qu’environ 13 % de la population québécoise. Notons toutefois que les plus jeunes sont plus souvent asymptomatiques et échappent donc au dépistage, alors que les personnes âgées en centres de soins de longue durée ont été, au contraire, beaucoup plus testées que le reste de la population. Il est donc probable que leur poids relatif parmi les cas de COVID-19 soit surestimé.

Cela dit, les 70 ans et plus comptent pour 72 % des hospitalisations (5 fois plus que leur poids démographique), et pour 92 % des décès (7 fois leur poids démographique) selon les données de l’Institut national de santé publique du Québec. À première vue, l’âge semble donc un facteur important.

Mais en épidémiologie, il ne suffit pas d’identifier des groupes vulnérables. Il faut tenter de savoir pourquoi ils le sont.

Quels sont les facteurs de risque liés aux complications et aux décès?

Certaines victimes de la COVID-19 meurent de manière rapide, sans que l’on comprenne pourquoi. Mais la grande majorité des personnes décédées ou amenées aux soins intensifs ont traversé un état de détresse respiratoire sévère. Bon nombre souffraient déjà de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Or, on sait que la réaction inflammatoire excessive, souvent déclenchée par la COVID-19, s’attaque surtout aux alvéoles pulmonaires.

On constate aussi, parmi les victimes, des personnes souffrant de problèmes cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC). Là aussi, c’est une réaction inflammatoire excessive qui provoquerait des occlusions vasculaires (thromboses) dans 20 à 55 % des cas (et même jusqu’à 70 %, selon Michelle Sholzberg, médecin hématologue à l’hôpital St-Michaels de Toronto). L’hypertension non traitée favorise aussi ce genre de complications.

Autre facteur de risque : le diabète et les troubles chroniques au rein assombrissent le pronostic de la maladie, une autre conséquence probable des microthromboses.

Enfin, les personnes dont le système immunitaire est déprimé, notamment à cause d’une maladie comme le sida, ou à cause du traitement d’une maladie auto-immune ou de chimiothérapie, sont aussi plus vulnérables.

Notons que l’obésité est souvent mentionnée, car elle engendre un état inflammatoire chronique, et favorise l’apparition de troubles cardiaques et circulatoires, ainsi que du diabète.

Or les personnes âgées sont beaucoup plus nombreuses à souffrir de ces pathologies chroniques.

En outre, les personnes de 65 ans et plus cumulent souvent plus d’une de ces comorbidités.

Ces facteurs expliquent-ils les complications et les décès ?

Selon une compilation du New England Journal of Medicine, les personnes souffrant de ces comorbidités comptaient pour 38 % des cas recensés de COVID-19, mais pour 71 % des hospitalisations, 78 % des patients aux soins intensifs et 94 % des décès.

Une étude américaine plus récente publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), portant sur 5700 patients dont l’âge médian était de 63 ans, tous hospitalisés à New York pour la COVID-19, présente un chiffre encore plus fort : parmi les personnes hospitalisées, 6 % avaient un problème chronique de santé, 88 % en avaient deux ou plus. Seuls 6 % ne souffraient pas de comorbidités. Cela était vrai pour l’ensemble des patients, quel que soit leur âge.

Si ces données américaines se confirment, la présence de maladies chroniques préexistantes serait un indicateur de risque d’hospitalisation plus important qu’un âge de plus de 70 ans.

Une compilation analogue réalisée en Italie par l’Instituto Superiore di Sanità, et portant sur 2003 patients décédés de la COVID-19, a établi que 48,5 % souffraient de 3 pathologies chroniques, 25,6 % en avaient 2, et 25,1 % une seule. En fait, seulement 3 patients sur 2003 sont morts sans condition préexistante (0,7 %). Comme cette recherche italienne a été menée au pire moment de la crise, plusieurs milliers de personnes, encore aux soins intensifs, ont pu décéder par la suite. Or, il est probable que les gens les plus mal en point au départ aient succombé plus rapidement. Les victimes sans comorbidités connues pourraient être un peu plus nombreuses, quand le bilan final sera publié, après la pandémie.

Vieillissement et affaiblissement du système immunitaire

Plusieurs chercheurs croient malgré tout que l’immunosénescence, soit la perte progressive d’efficacité du système immunitaire avec l’âge, pourrait contribuer à augmenter la susceptibilité au coronavirus, même en absence de comorbidités. Cette dégénérescence explique en bonne partie la grande vulnérabilité des personnes âgées à de nombreuses infections et épidémies, la grippe notamment.

Comme l’a expliqué le Dr Richard Marchand, microbiologiste infectiologue, au chroniqueur Patrick Lagacé, dans La Presse. L’immunosénescence fait en sorte que le virus de la COVID-19 peut se reproduire en plus grande quantité chez les malades les plus âgés, qui présentent alors une charge virale énorme (et sont donc très contagieux). Ce fort indice de contagion explique en partie la rapidité de propagation dans les CHSLD et auprès du personnel soignant.

Notons que toutes les personnes âgées ne souffrent pas d’immunosénescence, surtout si l’on regroupe l’ensemble des personnes âgées de 70 ans et plus. Et que l’âge n’en est pas la seule cause : elle peut aussi être induite par diverses infections virales chroniques (l’herpès, par exemple), la malnutrition, l’obésité, l’alcoolisme ou le tabagisme. Et le maintien d’un haut niveau d’activité physique en retarde l’évolution de plusieurs années.

En outre, si l’affaiblissement immunitaire favorise l’apparition de maladies inflammatoires chroniques chez les personnes âgées, il peut, paradoxalement, être un avantage face à certains microbes qui déclenchent une réaction trop forte du système immunitaire, phénomène parfois appelé « tempête de cytokines. » Ce fut le cas par exemple pour le virus H1N1, où les vieux ont connu moins de complications. Or, on associe les principales complications de la COVID-19 à une telle réponse inflammatoire excessive.

En conclusion, si la COVID-19 touche davantage les personnes âgées, certaines maladies chroniques de nature inflammatoire et l’affaiblissement du système immunitaire, surtout chez les personnes les plus âgées en mauvaise forme physique, semblent expliquer en grande partie cette situation.

 

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