Un immeuble de six logement a été proposé en remplacement. CRÉDIT : CAPTURE D’ÉCRAN

Le comité de démolition s’est réuni par visioconférence le 3 septembre pour traiter la demande de démolition de l’immeuble situé au 220, rue Napoléon-Mercier, connu sous le nom des Scies Mercier. À cette occasion, les requérants ont présenté le projet de remplacement, une construction résidentielle de six logements.

La demande de démolition des bâtiments des Scies Mercier a été déposée en janvier dernier, mais son traitement avait été retardé en raison des mesures de lutte contre la propagation de la COVID-19. C’est la seconde fois qu’une telle demande est formulée par les propriétaires du site. La réunion publique a été convoquée, puisqu’à la suite de la publication d’un avis, qui rendait publique la demande de démolition, 17 avis d’opposition ont été déposés.

C’est en 2010 que la première demande de démolition avait été déposée. Lors de la séance du comité de démolition qui avait suivi, la décision avait été suspendue afin de laisser un délai pour chercher une solution de sauvegarde. Une évaluation des coûts de réhabilitation avait aussi été demandée.

Un appel de projets avait été lancé en 2011 par la Ville afin de connaître l’intérêt pour l’acquisition et la réhabilitation, suivi par le dépôt de cinq projets et le refus de la demande de démolition par le comité la même année. Lors d’un second appel de projet par les propriétaires pour trouver un acquéreur prêt à donner une seconde vie aux bâtiments, aucune main ne s’était levée. 

En 2017, à la suite de l’effondrement de l’entrepôt, cette partie du bâtiment est démolie. En 2019, une nouvelle demande de démolition a été déposée, demande qui est maintenant de nouveau entre les mains du comité pour la seconde fois. 

Un dossier sensible

«La demande de démolition pour le bâtiment des Scies Mercier est très particulière. Elle a généré un grand nombre d’avis et de réactions ce qui illustre bien la sensibilité de ce dossier», a souligné le comité de démolition, qui n’a rendu aucune décision lors de cette réunion.

Si la valeur patrimoniale du site a été qualifiée de supérieure, c’est-à-dire qu’il possède une grande valeur, et qu’il se trouve dans un secteur de concentration d’architecture ancienne, les bâtisses n’ont pourtant jamais été classées au Répertoire du patrimoine culturel du Québec, mais seulement identifiées lors d’un inventaire. Plus récemment, le ministère de la Culture, sollicité par la Ville de Lévis, n’a pas recommandé son classement, puisqu’il a estimé que son intérêt patrimonial réside dans sa valeur historique, et non sa valeur architecturale. Le terrain est aujourd’hui évalué à 158 500 $ et le bâtiment à 61 600 $.

Les bâtiments qui composent ou composaient les Scies Mercier ont été construits dès 1880, pour la première section encore debout et qui a accueilli un magasin général dans ses débuts, puis jusqu’en 1925. À partir de 1891, c’est la manufacture des scies de Lévis, fabricant d’outils de coupe, qui y avait installé ses activités. 

Un état d’usure «très avancé»

«Dans les dernières années, nous avons décidé de relocaliser les opérations dans un autre bâtiment qui se situe dans le parc industriel. Le vieux bâtiment ne répondait plus aux besoins de l’entreprise», ont d’abord expliqué les propriétaires, Patrick et Yves Garant, qui ont précisé que l’implantation d’une autre industrie serait dérogatoire et «probablement dérangeante». 

«La bâtisse est actuellement dans un état d’usure très avancé. Les différentes composantes de la structure, fondations et recouvrement sont en très mauvais état. Donc, une réhabilitation du bâtiment nécessiterait des coûts énormes», ont-ils poursuivi. 

Une évaluation des travaux de rénovation nécessaires à la conservation du bâtiment, se chiffrait à 386 000 $ en 2010, et a été réévaluée à 450 000 $ pour la réfection du revêtement extérieur et de la toiture en fin de vie. De plus, les usages alimentaire, public ou résidentiel ne sont pas permis en raison de la contamination des sols et des murs par les huiles des machines. Cet été, la Ville de Lévis a procédé à la numérisation complète de l’immeuble.

Cette séance publique était aussi l’occasion de découvrir le projet de remplacement des Scies Mercier par la construction d’un immeuble multifamilial de six logements, nombre permis par le zonage, projet par ailleurs conforme au règlement. 

Un projet d’habitation

«À la suite de ces 12 années, on a décidé de monter nous-même un projet d’habitation sur le site, impliquant la démolition totale du bâtiment», ont expliqué les propriétaires qui comptent habiter dans le futur immeuble. 

Le projet «d’envergure modeste» jouerait avec la topographie naturelle du terrain et des côtes La construction serait «morcelée», en gradin, et permettrait de dégager les tourelles de la terrasse du Chevalier de Lévis. Le bâtiment serait en maçonnerie avec des touches de bois, une grande fenestration et une toiture à la teinte foncée, comme les maisons avoisinantes. Les logements devraient être destinés à la vente. 

À lire : Des citoyens s'opposent à la démolition des Scies Mercier

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