CRÉDIT : GILLES BOUTIN - ARCHIVES

Nous avons lu avec attention vos nombreuses justifications en réaction à la pétition que nous avons fait circuler à la demande des femmes et des personnes qui ont recours aux soins offerts à l’unité mère-enfant de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Nous tenons à vous répondre, puisque se retrouvent de nombreuses contradictions dans vos réponses, voire même des faussetés.

En rappel : Des adaptations nécessaires pendant la pandémie

D’abord, nous aimerions bien comprendre comment vous pouvez prétendre que votre «porte» demeure «ouverte» aux personnes qui sont insatisfaites des soins reçus sur votre département tout en niant l’expérience des femmes qui sont venues se confier à nous dans l’espoir que les choses changent?

De toute évidence, vos commentaires dans l’article ne reflètent en rien l’ouverture dont vous clamez faire preuve, bien au contraire! À l’heure où on se parle, aucun hôpital au Québec ne peut se targuer d’offrir des soins parfaits exemptés de violence obstétricale. Non seulement aucun hôpital, mais aucun ordre professionnel. Un.e professionnel.le de la santé, c’est avant tout un être humain empreint de jugements et de biais inconscients : biais qui sont nécessairement renforcés par la culture de son milieu de travail.

D’ailleurs, au fil de nos recherches ayant découlés des témoignages que nous avons reçus, nous avons été informés que, depuis plusieurs années déjà, un certain nombre de personnes lévisiennes cherchent à obtenir des soins dans les hôpitaux de la ville de Québec. Cet exode de la clientèle périnatale lévisienne, jumelé à un manque de personnel œuvrant en obstétrique, ont mené a des décisions départementales d’exclusion de la clientèle lévisienne pour les soins offerts dans les unités mère-enfant du CHUL et de l’Hôpital Saint-François-d’Assise.Vous ne pouvez qu’être bien au fait de cette réalité.

Nous vous encourageons donc fortement à vous inspirer du président du Collège des médecins qui a récemment déclaré qu’il reconnaissait les violences obstétricales et gynécologiques et qu’il voulait travailler de pair avec les organismes communautaires (Chatelaîne, 2020) pour lutter contre ces dernières. Vos commentaires au sujet des violences obstétricales témoignent d’une grande ignorance sur le sujet, ils nient l’expérience des personnes que vous prétendez écouter et sont tout à fait inacceptables à l’époque dans laquelle nous vivons. En effet, en tant que chef infirmier de l’unité mère-enfant d’un centre hospitalier où viennent au monde plus de 2000 nouveau-nés, vous devriez absolument savoir que depuis les dix dernières années, de nombreuses études d’envergure ont non seulement démontré l’omniprésence des violences obstétricales dans tous les lieux où les femmes et les personnes enceintes donnent naissance, mais également leur grand impact sur leur santé et sur leur entourage.

Ensuite, nous récrions le fait que vous compariez les sages-femmes à des accompagnantes à la naissance, rien ne pourrait être plus faux. Il est désolant de devoir vous rappeler, à vous le chef-infirmier du département obstétrical de référence pour un service sage-femme établi depuis plus de 20 ans, que les sages-femmes complètent une formation universitaire de 132 crédits pour devenir membre de l’Ordre des sages-femmes du Québec. Que les sages-femmes sont des professionnelles du réseau de la santé depuis plus de vingt ans et que leur profession est régie par la Loi sur la pratique sage-femme. Que les accompagnantes à la naissance sont des travailleuses autonomes qui offrent un soutien non-médical de l’accouchement à la différence des sages-femmes cliniciennes.

Vous stipulez que le contexte de la pandémie justifie de considérer les sages-femmes comme des accompagnantes ou des visiteurs lors des transferts alors même qu’elles exercent alors à titre d’employées de votre établissement, et nos sources soutiennent qu’elles se voient actuellement obligées à quitter les lieux malgré les consignes ministérielles et celles de votre établissement. Vous affirmez que vous n’aviez pas le choix de vous ajuster aux directives du ministère de la santé, mais c’est bien là le nœud du problème. Ce que cette pétition réclame, c’est justement que vous suiviez les directives ministérielles qui permettent aux accompagnantes d’accompagner, qui permettent aux sages-femmes d’exercer normalement leur profession et qui insistent sur l’importance du contact peau-à-peau, même en salle d’opération lors des naissances par césarienne.

En ce qui a trait au contact peau-à-peau, nous avons été consternées de lire la raison qui justifie votre décision d’équipe d’empêcher les nouveau-nés de profiter du soin le plus primordial qui soit pour leur santé lorsque ces derniers naissent par césarienne alors que partout au Québec, ce droit leur est préservé. Un bébé qui a besoin d’être réanimé à la naissance recevra, de toute évidence, les soins dont il a de besoin à même la salle d’opération.

Ce fait n’a aucun lien avec la demande de la clientèle enceinte lévisienne. Ce que nous tenons à nous assurer, c’est que les bébés qui ne nécessitent pas de soins actifs puissent demeurer en contact peau-à-peau avec leur mère en salle de réveil comme c’est le cas pour les bébés qui naissent par césarienne dans les mêmes conditions partout au Québec. Il est à noter qu’à la suite du premier reportage de la journaliste, nous avons reçu d’autres témoignages. Certains témoignaient ne pas avoir pu faire de peau-à-peau avant la pandémie et sans césarienne. Combien de temps encore, nous vous le demandons, continuerez-vous de nier la parole de ces femmes?

En conclusion, il est tout à fait désolant de constater que vous accordiez si peu d’importance à l’expérience des femmes et des personnes qui accouchent au sein de votre hôpital. Nous aurions été en droit de s’attendre à un minimum d’écoute et de respect de votre part, car votre clientèle mérite votre écoute et votre respect. Nous aurions été en droit de s’attendre à des actions concrètes comme par exemple : créer un comité pour mieux comprendre la problématique ou, à tout le moins, demander à parler à ces personnes avant de rejeter en bloc leur vécu.

Sophie Mederi pour le Regroupement Naissances Respectées

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