CRÉDIT : GILLES BOUTIN - ARCHIVES

Le conseil municipal de Lévis a entendu les appels déposés contre la démolition du bâtiment qui a longtemps accueilli les Scies Mercier, dans le Vieux-Lévis. À cette occasion, plus d’une dizaine de citoyens ont demandé aux échevins de surseoir à la décision du comité de démolition.

Rappelons que c’est en raison de la décision rendue par le comité de démolition le 13 avril dernier que les demandes d’appel ont été entendues par le conseil municipal, lors d’une séance extraordinaire de l’instance le 21 juin. Le comité de démolition avait alors approuvé la deuxième demande de démolition déposée par les propriétaires du bâtiment construit à la fin du 19e siècle situé au 220, rue Napoléon-Mercier, Patrick et Yves Garant. 

De plus, le comité a approuvé le projet de remplacement, un immeuble de six unités résidentielles de style moderne. La décision a cependant soulevé une importante opposition. La Ville a reçu 38 avis d’appel et une pétition, signée par 93 citoyens. Comme exigé par la loi, le conseil municipal a donc du se pencher sur le dossier et entendre les appels des personnes qui le désiraient.

Au début de la séance, le secrétaire du comité de démolition a notamment rappelé les motifs qui ont incité l’instance à approuver la demande. Les coûts de restauration plus élevés que la valeur marchande du site, l’absence d’un nouvel acquéreur depuis 2010 (année du dépôt de la première demande de démolition) malgré notamment un lancement d’un appel à projets par la Ville, une contamination d’une partie du site aux hydrocarbures qui empêche d’autres usages qu’un usage industriel et le projet de remplacement conforme aux normes municipales ont, entre autres, convaincu le comité de démolition d’accepter la demande des propriétaires.

Un potentiel à préserver

Au total, ce sont 12 citoyens qui ont pris la parole, à titre d’appelants, pour demander à la Ville d’infirmer la décision afin que le bâtiment ne soit pas démoli, vu sa haute valeur historique. Certains citoyens ont alors demandé à la municipalité d’acquérir le site et de lancer une consultation publique afin de déterminer le futur usage du bâtiment qui serait par la suite restauré.

«Il serait intéressant de tenir une consultation citoyenne pour discuter de l’avenir du site. Cela nous permettrait d’aller plus loin et d’accoucher d’un projet qui rendrait notre ville meilleure», a notamment souligné Rémi Proteau.

D’autres citoyens ont profité de leur temps de parole pour partager leurs craintes face au volume de l’immeuble qui serait érigé à la place du bâtiment des Scies Mercier. «Un projet de revalorisation du site, (dans l’optique d’une préservation patrimoniale), ne peut être réalisé que par la Ville de Lévis. Cela permettrait à la municipalité d’assurer une cohérence avec les importants investissements consentis au cours des dernières années afin de revitaliser le Vieux-Lévis. Le projet proposé créera un mur. Est-ce qu’on doit se passer de cette carte postale (vue sur Québec) offerte par le site actuel et perdre un peu le cachet du quartier?», s’est interrogé Jean-Marie Doré.

«Je trouve que le projet de remplacement est inacceptable, tant par son implantation que par sa volumétrie qui n’est pas compatible avec l’environnement urbain et le secteur dans lequel il s’intègre. Tout projet peut s’améliorer, mais la vocation d’un bâtiment résidentiel ne convient pas du tout au site, un pivot du Vieux-Lévis entre la basse et la haute ville», a ajouté plus tard Anne Carrier, présidente d’Anne Carrier Architecte, la firme qui a accompagné la Ville de Lévis dans la réalisation du programme particulier d’urbanisme (PPU) du Vieux-Lévis.

Les appelants ont notamment suggéré à la Ville de transformer le site en centre d’interprétation sur l’histoire industrielle de Lévis, en Espace bleu (musée régional développé par le gouvernement provincial), en café disposant d’une petite scène, en atelier de lutherie, en salle de réunion ou en maison de la culture.

Notons également que Jacques Roy, le propriétaire de l’édifice à logements voisin du bâtiment ayant accueilli les Scies Mercier, a demandé à la Ville de surseoir à la décision tout en s’assurant que le site soit sécuritaire, mais pour d’autres motifs. Selon lui, le projet de remplacement déposé par Patrick et Yves Garant lui porterait préjudice puisqu’il empiéterait sur une servitude de passage qui lui est dû et qu’il bloquerait la vue de certains de ses résidents.

«Passer à autre chose»

Pour leur part, les requérants dans le dossier, Patrick et Yves Garant, ont profité de la séance extraordinaire pour demander aux échevins d’approuver la décision rendue par le comité de démolition. Ils ont d’abord rappelé qu’ils n’ont trouvé aucun acheteur pour le bâtiment depuis la fin des activités industrielles à cet endroit en 2010.

Alors que la possession du site continue de leur engendrer des coûts, les deux frères ont argué que le seul projet viable sans l’implication de la Ville ou des gouvernements demeure la construction d’un immeuble comportant des unités résidentielles.

«Nous sommes des entrepreneurs industriels. Nous ne sommes pas devenus les propriétaires de ce bâtiment pour être des promoteurs immobiliers. Patrick et moi ne cherchons pas à nous enrichir (avec ce projet), mais juste à récupérer nos billes. On veut tourner la page et passer à autre chose. […] Faute d’avoir trouvé un investisseur au niveau patrimonial, la seule viabilité du projet semble résider en un projet de construction (comme nous le proposons)», a affirmé Yves Garant au conseil municipal.

Du même souffle, le copropriétaire a rappelé que le projet déposé était conforme aux normes municipales. Cependant, il a affirmé à plusieurs reprises qu’il était prêt à renvoyer le projet à la table à dessin afin de respecter de nouvelles demandes de la Ville et répondre aux inquiétudes des résidents du secteur.

Enfin, Yves Garant et François Robitaille, architecte associé chez CCM2 qui a préparé le devis du projet de remplacement, ont répliqué aux critiques de certains citoyens estimant que l’immeuble qui prendrait la place du bâtiment du 19e siècle serait trop gros pour le secteur.

«Beaucoup d’appelants ont parlé d’un effet mur, mais je trouve qu’il s’agit d’une qualité au projet de continuer un gabarit construit dans le plan de la rue Wolfe plutôt que de s’en tenir à l’ancien tracé des rues. La création d’un front bâti sur rue d’une hauteur très raisonnable est une qualité plutôt que la perception d’un projet d’une maison qui serait dans un contrebas et qui présenterait un drôle de rapport à la rue. La qualité architecturale de ces maisons de ville est exceptionnelle en termes de gabarit et de proportion», a notamment déclaré M. Robitaille, en réitérant l’esprit d’ouverture des promoteurs afin d’améliorer le projet.

Soulignons finalement que le conseil municipal rendra sa décision, qui sera définitive, lors de la séance ordinaire de l'instance du 12 juillet prochain.

Les plus lus

L’urgence de l’Hôtel-Dieu de Lévis bondée

Comme dans d’autres hôpitaux du Québec, l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Lévis est présentement victime de débordement, ce qui met ce service sous haute pression.

COVID-19 : trois nouveaux cas découverts au cours des trois derniers jours

Le ciel continue d'être clair en Chaudière-Appalaches en ce qui a trait à la pandémie de COVID-19. Au cours des trois derniers jours, seulement trois nouveaux cas ont été découverts pour l'ensemble du territoire.

COVID-19 : assouplissement des mesures en zone verte

Selon le plus récent bilan sur l'évolution de la pandémie dans la région préparé par le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA), deux résidents de la Chaudière-Appalaches ont appris au cours des 24 dernières heures qu'ils avaient été infectés par le coronavirus. Aussi, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) annonce de nouveaux assouplissem...

La Cycloroute dans la mire des motoneigistes

Les motoneigistes pourraient bientôt pouvoir emprunter la Cycloroute de Bellechasse, en hiver, pour pouvoir circuler de Lévis à Saint-Anselme. La MRC de Bellechasse a adopté une résolution permettant cette possibilité lors de l’une des plus récentes séances du conseil des maires.

Le GIRAM dénonce un déboisement à Beaumont

Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM) a fait une sortie, le 15 juillet, pour dénoncer le déboisement mené par le promoteur dans le cadre du projet immobilier Domaine du Saint-Laurent. L’organisme régional estime que ce dernier a tout simplement fait «décaper» le cap Saint-Claude, où se trouvent les vestiges du fort de Beaumont, cité comme lieu patrimonial par la Mun...

Le parc de la Rivière-Etchemin aura son pavillon

La construction du bâtiment qui accueillera les usagers à longueur d’année a débuté en mai dernier. Ce sont 3 M$ qui ont été investi dans le projet, soit 1,9 M$ du gouvernement du Québec ainsi que 1,2 M$ de la Ville de Lévis.

Saint-Vallier remontera de nouveau dans le temps

Le comité organisateur du spectacle théâtral Sur les traces de La Corrivaux présentera, pour une huitième année, une panoplie d’activités à saveur d’antan, les 27, 28, 29 août prochains.

Le passeport vaccinal pourra être exigé dès cet automne

Les Québécois devront présenter leur preuve vaccinale (code QR), démontrant qu'ils ont bel et bien reçu deux doses d'un vaccin contre la COVID-19, à partir du 1er septembre si la situation épidémiologique de leur région se détériore.

Les Québécois vaccinés pourront gagner de l'argent

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, accompagné du ministre des Finances, Eric Girard, a dévoilé aujourd'hui les détails du concours Gagner à être vacciné! qui sera lancé dans les prochaines semaines. Ce concours donnera la chance aux personnes vaccinées contre la COVID-19 de remporter plusieurs lots, d'une valeur totale de 2 M$.

COVID-19 : une clinique de vaccination temporaire à Saint-Henri

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches (CISSS-CA) va implanter une clinique de vaccination temporaire contre la COVID-19 cette semaine au Centre récréatif et sportif de Saint-Henri.