Après plus d'une trentaine d'années d'implication dans différents mouvements coopératifs, le Lévisien Ghislain Cloutier a reçu le 12 mars dernier la reconnaissance ultime pour son travail dans ce domaine. En effet, ce dernier a reçu rien de moins que la décoration de membre au 4e degré de l'Ordre du Mérite coopératif et mutualiste québécois.

Par Érick Deschênes
erickdeschenes@journaldelevis.com

«À la soirée de remise des décorations, j'ai vraiment pris conscience de l'importance de cette reconnaissance. J'étais pas mal ému de recevoir ça parce que quand on est impliqué en coopération depuis plus de 30 ans, on ne fait pas ça pour les honneurs, on fait ça parce que c'est important de travailler pour améliorer le sort de nos concitoyens», a raconté le producteur d'œufs de Saint-Jean-Chrysostome lors d'une entrevue téléphonique le  25 mars dernier.

Lors du banquet présenté dans le cadre des assises annuelles, l'Ordre a remis à Ghislain Cloutier la décoration de membre au 4e degré, un honneur «accordé de préférence à une personne qui a rendu des services exceptionnels au niveau provincial et dont l'action a contribué à l'orientation et à la promotion générale du mouvement coopératif et mutualiste québécois».

Et depuis plus de 30 ans, le Lévisien se distingue sur la scène coopérative agricole. Suivant l'exemple de son père, Ghislain Cloutier s'est impliqué dans une coopérative agricole et en 1985, ce dernier a augmenté ses heures dédiées à la coopération en s'impliquant chez Unicoop.

Par la suite, l'agriculteur de Saint-Jean-Chrysostome a été nommé administrateur à la Coop fédérée. Au tournant des années 2000, il a été nommé vice-président de cette coopérative, un poste qu'il a occupé pendant onze ans avant de prendre sa retraite il y a un an.

Aider à l'étranger

Toutefois, alors qu'il a pris un repos bien mérité afin de consacrer plus de temps à sa femme, ses quatre enfants, dont son fils Jacques qui a pris la relève à la ferme familiale, et ses cinq petits-enfants, Ghislain Cloutier n'a pas abandonné pour autant le milieu coopératif.

En effet, impliqué depuis une dizaine d'années au sein de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), le Lévisien préside toujours le conseil d'administration de l'organisme et apporte également son aide sur le terrain en Bolivie où le réseau de coopératives vise à aider les agriculteurs de ce pays de l'Amérique du Sud en développant la production d'origan, de porcs, de volailles et d'œufs.

«C'est ce que j'aime le plus de venir en aide à des gens qui ont vraiment des difficultés importantes au niveau de la qualité de leur nutrition. Mais ce que je me suis rendu compte en dix ans d'implication en Bolivie, c'est qu'un agriculteur bolivien pense comme un agriculteur québécois, soit qu'il veut améliorer le sort de ses enfants», a expliqué M. Cloutier.

D'ailleurs, les impacts positifs qu'apportent les projets de la SOCODEVI et son implication passée convainquent Ghislain Cloutier que le mouvement coopératif a toujours une place au Québec et dans le monde malgré que l'individualisme est un courant de plus en plus présent dans notre société.

«Même en étant individualiste, l'esprit d'améliorer ensemble notre sort demeure. C'est sûr qu'on pense à notre famille et à notre communauté avant, mais c'est après qu'on va plus loin. Ce qu'on se rend compte, c'est qu'en coopérant, on est capable de réaliser beaucoup plus de choses, d'être beaucoup plus efficaces et de le faire plus rapidement», a ajouté en guise de conclusion l'homme de 62 ans.

De gauche à droite : Denis Richard, président de La Coop fédérée, Ghislain Cloutier et Monique F. Leroux, présidente du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité ainsi que présidente du Mouvement Desjardins.

CRÉDIT PHOTO : Courtoisie – Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

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