Au cours des dernières années, Étienne Poulin a surmonté d'innombrables épreuves en raison de la maladie de Crohn. Maintenant qu'il a enfin trouvé le traitement qui lui convenait après plusieurs essais infructueux, le jeune Lévisien grimpera le Kilimandjaro en février prochain pour marquer le début de son retour à une vie normale.

Par Mariane Bergeron-Courteau
marianebergeroncourteau@journaldelevis.com

La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique du système digestif. Elle est caractérisée notamment par des crises de diarrhée et de douleurs abdominales.

Chez Étienne Poulin, les symptômes de cette maladie chronique se sont installés à l'âge de 16 ans. «Ça apporte de l'inconfort, du stress, l'impression de ne plus avoir le contrôle de son corps, mais de l'isolement aussi. Tu as de la misère à t'intégrer aux activités sociales, parce que tu es toujours en train de courir aux toilettes», énumère le Lévisien de 25 ans.

Un médicament lui a permis d'être fonctionnel jusqu'en 2012, où ce traitement a cessé de faire effet. Progressivement, des symptômes plus graves ont fait leur apparition, au point où Étienne Poulin n'arrivait plus à bouger, en raison de l'importante douleur. Sa condition l'a forcé à rester alité durant deux mois dans un lit d'hôpital.

Durant cette période, le manque d'exercice a atrophié les muscles de l'ébéniste de formation. Si bien qu'après deux mois cloué à un lit, il devait se déplacer en fauteuil roulant et réapprendre à marcher. À la blague, il a lancé à son physiothérapeute que lorsqu'il arriverait à se déplacer à nouveau, il monterait le Kilimandjaro, une montagne située dans le nord-est de la Tanzanie. L'idée venait d'être semée.

Les doses de cortisone prises alors qu'Étienne Poulin était alité ont grandement été néfastes sur ses os. Le jeune Lévisien a dû subir un remplacement partiel de la hanche en décembre 2013, pour ensuite réapprendre à marcher, une deuxième fois.

«Disons qu'avec toutes ces épreuves, il ne faut pas que tu regardes la montagne. Tu regardes une journée à la fois», souligne-t-il, conscient que son fort positivisme l'a probablement aidé à surmonter toutes ces embûches.

Après quatre années de réadaptation physique, Étienne Poulin a maintenant retrouvé une stabilité grâce à un traitement qu'il s'injecte tous les deux mois. Comme chaque cas est unique, les personnes aux prises avec la maladie de Crohn ne réagissent pas toutes de la même façon aux médicaments, d'où l'importance de soutenir la recherche, explique le Lévisien.

C'est afin d'amasser des fonds pour la Fondation Crohn et Colite Canada, mais aussi pour montrer qu'il est possible de réaliser de grandes choses malgré la maladie, qu'Étienne Poulin procédera à l'ascension du Kilimandjaro en février prochain. Il espère récolter une somme de 2 000 $ d'ici là, un objectif qui pourrait être revu à la hausse.

«C'est la recherche qui m'a aidé à remonter la pente et à retrouver une qualité de vie. Je suis chanceux, parce qu'il y a des gens pour qui la médication ne fonctionne pas. […] J'ai fait beaucoup de sacrifices dans ma vie, alors je cherchais une façon de faire un point final sur tout ça, pour ensuite passer à autre chose», soutient-il.

Comme ses traitements sont efficaces, Étienne Poulin ne craint pas d'être aux prises avec des symptômes liés à sa maladie durant son périple en Tanzanie. Il s'attend toutefois à ce que cette intense randonnée lui provoque certaines douleurs à la hanche, mais est bien déterminé à surmonter ce défi.

Il est possible d'encourager Étienne Poulin dans son projet via la page Facebook «Un “côlon'' au Kilimandjaro – Février 2017».

Crédit photo : Courtoisie

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