Pendant que les yeux étaient majoritairement tournés vers le Grand défi Pierre Lavoie, le samedi 15 juin dernier, Claude Lafrance de Saint-Nicolas achevait en solitaire un périple de 3100 kilomètres depuis la Floride… en vélo.

Par Francis Martel
f.martel@journaldelevis.com

«Chaque jour, je me disais que ça n'a pas de bon sens. Dans quoi je me suis embarqué?», s'exclame-t-il en riant.

Si la température a été clémente pour la durée du voyage, le cycliste a toutefois connu quelques problèmes au début de son aventure qui aurait pu le contraindre à l'abandon. «À cause de la chaleur, je me suis irrité et je me suis coupé entre la cuisse et les fesses. J'ai eu peur de ne pas pouvoir terminer à cause de ça parce que je n'étais pas capable de pédaler. Mais finalement, j'ai réussi à passer à travers en mettant de la crème», explique-t-il en soulignant qu'il s'agit du plus gros obstacle rencontré.

Il faut dire que sa motivation lui a servi de moteur tout au long du parcours.

En effet, chaque coup de pédale était dédié à la Fondation Anne-Sophie Lafrance qui vise à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de maladies chroniques et plus particulièrement la fibrose kystique.

M. Lafrance a mis sur pied la Fondation qui porte le nom de sa fille, deux ans avant son son décès. L'idée du projet vient d'Anne-Sophie qui a connu les désagréments causés par de multiples hospitalisations alors qu'elle était atteinte de la fibrose kystique.

«Après son décès, les deux premières années, il était impossible pour moi de parler d'Anne-Sophie parce que j'avais toujours le «motton». Et au mois de janvier [dernier] j'ai réussi à penser à elle sans trop d'émotion. Je me suis alors dit, pourquoi ce ne serait pas ça ma cause», confie celui qui, âgée dans la cinquantaine, cherchait un moyen de donner aux autres pour témoigner en quelque sorte de la chance qu'il avait eue dans la vie.

C'est à ce moment que l'idée de relever un défi en vélo a germé dans son esprit.
«J'ai attaché à cet événement les trois caractéristiques importantes qui étaient le reflet un peu de ma fille, soit l'énergie, la détermination et le courage. […] Alors l'énergie c'était le 3000 kilomètres, la détermination, c'est de le faire en 24 jours et le courage pour moi était de le faire en solo», énumère-t-il.
En fait, la solitude représente l'effet de la maladie, puisqu'«on ne peut pas l'enlever. Moi je pouvais débarquer de mon vélo ou enlever des bagages. Mais les gens qui vivent la maladie de façon chronique ne peuvent pas faire ça», expose-t-il.

Objectif atteint

Pour cette première activité de financement de la Fondation, les gens étaient invités à commanditer des kilomètres pour un objectif fixé à 60 000$. Une fois le défi terminé, c'est un peu moins de 70 000$ qui ont été finalement amassés, et ce, à la grande surprise du principal intéressé.

«Je n'aurais pas pensé que ça pourrait devenir aussi populaire. […] Honnêtement, je ne pensais jamais atteindre le 60 000$», admet-il.

Au final, les dons amassés serviront à répondre aux besoins des gens qui doivent être hospitalisés à long terme. «Dans le temps, le wifi n'existait pas.  Peut-être aussi [installer] des frigidaires dans les chambres. Parce qu'en général, les hospitalisations pour la fibrose kystique durent environ trois semaines. Donc, manger de la bouffe d'hôpital pendant cette période, ce n'est pas idéal», donne-t-il en exemple.

Il est toujours possible de donner à la Fondation en visitant le site Web www.fondationannesophielafrance.org/.

Sur la photo : Claude Lafrance a parcouru 3100 kilomètres en vélo depuis la Floride jusqu'à Lévis.

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