Avides de vivre une expérience humaine différente, Audrey Samson et Emmanuelle Garant se sont envolées pour l'Inde au début de l'année 2013 afin de participer à un stage humanitaire d'un autre genre. Et l'aventure a littéralement marqué à jamais les deux jeunes Lévisiennes.

Par Érick Deschênes
e.deschenes@journaldelevis.com

«J'étais à l'université et j'étais tannée d'être dans un monde plus intellectuel. J'avais déjà étudié les relations internationales et j'avais déjà fait un stage en Afrique de l'Ouest. Par contre, j'avais envie d'aller dans le domaine pratique et quand je suis tombé par hasard sur une page de SOPAR, j'ai tout de suite accroché parce qu'il proposait une autre manière de faire du développement», a résumé Emmanuelle Garant, étudiante en sociologie, sur ses motivations pour vivre l'aventure.

Motivées à découvrir ce nouvel aspect du développement, les deux Lévisiennes ont déposé leurs candidatures et ont été sélectionnées par l'organisation non gouvernementale indo-canadienne Société de partage (SOPAR) pour participer à l'un de ses stages en janvier dernier.

Pendant le mois passé dans l'État de l'Andhra Pradesh, Audrey Samson et Emmanuelle Garant ont pu découvrir la vision différente de SOPAR. Pour l'organisme, il est primordial d'aider les gens à se prendre en mains plutôt qu'en répondant immédiatement à un besoin tel la construction par des étrangers d'une école.

Ainsi, pendant leur périple indien, les deux jeunes femmes ont pu voir des exemples concrets de cette vision avec des participants provenant notamment de l'Afghanistan et du Sri Lanka. Par exemple, elles ont visité un village où tous les habitants se mobilisent pour collecter les fonds nécessaires à la création d'un puits.

Un «choc culturel»

Habituées à participer à des projets où les organismes répondent aux besoins directs des communautés, Audrey Samson et Emmanuelle Garant ont vu leur vision de l'aide aux plus démunis littéralement changer après le stage et le voyage personnel qui a suivi l'expérience.

«Je pensais partir avec Oxfam comme accompagnatrice, mais je me suis rendu compte que je n'avais plus le goût. J'ai réalisé que ça prend du temps sur le terrain pour changer les choses. Il faut que tu connaisses la culture et juste de partir une année ou deux, je sais que je ne pourrai pas aidé au meilleur de moi-même», a témoigné Audrey Samson.

Un avis qui est aussi partagé par Emmanuelle Garant.

«J'ai vraiment appris que le développement, c'est de changer les mentalités une personne à la fois ainsi que les miennes. Avant, je me disais que j'allais étudier en développement international pour aider les gens, mais je me suis rendu compte que le développement, c'est aussi par moi-même. Je ne veux plus changer les gens, je veux que les gens apprennent à se changer eux-mêmes», a-t-elle ajouté.

Être utiles

Et converties à cette approche différente de l'aide aux gens démunis, les résidantes de Pintendre et de Lévis entendent bien continuer à faire une différence. Si Emmanuelle Garant réfléchit encore sur le projet où elle se sentirait le mieux, Audrey Samson sait où elle sera utile après vécu un «chemin de Damas» en Inde.

«C'est avec mon voyage en Inde que j'ai découvert ce que je voulais faire. Ça fait longtemps que je parle de travailler dans le domaine social et j'ai découvert que je veux œuvre dans les soins palliatifs justement parce que j'ai rencontré un bénévole de la Fondation de Mère Teresa (…) C'est là que j'ai découvert ma voie», a conclu l'étudiante au baccalauréat en service social.

SUR LA PHOTO:  Le séjour en Inde d'Emmanuelle Garant et d'Audrey Samson a changé leur vision du développement humanitaire.

Les plus lus