Photo : Yuliia Tretynychenko - Unsplash

De belles poitrines de poulet farcies d’un appareil aux épinards bien ficelé et lorsque cuites, s’épanche un filet de beurre embaumant la cuisine et les papilles de gastronomes. Voilà la formidable recette du poulet à la Kiev.

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimés dans ce texte sont celles de l'autrice signataire.

Il est réputé que nous les Québécois sommes de bonnes fourchettes et d’appréciables gastronomes. De plus, en raison de nos racines de défricheurs, nous sommes de fiers résistants à tous les plans.

Mais que sommes-nous d’autres? Certes, en moins de 500 ans, nous sommes devenus des innovateurs, des développeurs et des personnes déterminées à bien vivre et à gagner. Nous sommes des têtes bien pensantes et bien instruites. Nous sommes également des individus d’une communauté de gens bienveillants. Nous pouvons nous réjouir des doctorants que l’on forme dans nos universités québécoises. Nous pouvons compter sur l’expérience des gens de métier. Nous sommes redevant à nos vaillants bénévoles et aidants naturels. Nous ne pouvons que nous ravir du chant, des contes et du talent des artistes et des artisans de chez-nous qui nous enchantent.

Or, dans les présentes circonstances d’une guerre mondiale éminente, le poulet à la Kiev est en voie de disparaître. Et nous, comme simple citoyen, nous ne savons quoi faire. Nous sommes complètement impuissants tout en étant à la fois indignés. Pourriez-vous me dire le contraire?

Nous continuons à essayer de bâtir le futur, le 3e lien entre Lévis et Québec, le tramway et ses voies partagées, Montréal et sa nouvelle voie de métro, l’émission de chèques du gouvernement québécois pour contrer l’inflation, le discours de notre représentant du Canada devant l’Otan, la lutte locale contre les vestiges d’une pandémie mondiale et à l’aube d’une 6e vague, l’accès à des logements abordables, la recherche de coupons alimentaires pour joindre les deux bouts, le soutien aux petits et grands enfants privés d’équilibre, la défense des droits de la santé des aînés, l’équité entre les peuples de la nation. Ce sont-là que quelques activités du libéralisme socioéconomique d’ici et j’en oublie.

Or, devant tant de besoins criants, les uns plus que les autres, en-sont-ils qui sont plus urgents et qui pourraient être prioritaires? Dans notre Amérique du Nord, nous sommes pour l’instant protégés. Nos espaces sont grands, nos ressources sont abondantes quoique maltraités par une écologie défaillante. Pour nous, les menaces sont les coûts du pétrole, des taux d’hypothèques variables, la chute de la bourse, le rendement sur nos investissements et la capacité de de déguster un délicieux poulet à la Kiev.

Nous sommes impuissants devant ce monde de la grande diplomatie, de la stratégie militaire, des négociations hors champs, de la disparité et de la souffrance humaine. Nous sommes profondément affectés par notre syndrome du «pas dans ma cour» devant une économie qui pourrait se nourrir des canons. Nous faisons confiance à nos pairs élus pour arranger les choses.

Cependant, nos représentants d’ici et d’ailleurs, sont-ils tous motivés par le bien commun et la survivance d’une humanité? Ne devront-nous pas faire des choix dans un présent ou le drame outrepasse la fiction. Ou la réalité exige nos consentements ultimes d’aller ver la conciliation, la renonciation et la paix.

Hier, si le poulet de Kiev a comblé notre faim, aujourd’hui le sang des gens de Kiev aura- il-raison de notre de notre soif insatiable de cupidité. Notre indignité est inconfortable et notre impuissance davantage. Un tel dilemme ne risque-il pas de nous conduire en bout de course à l’aveuglement, à l’indifférence et à notre perte? Est-il envisageable de sortir de notre torpeur?

Marielle Morissette

Lévis

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