La députée de Fabre, Monique Sauvé. CRÉDIT : ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC - CLAUDE MATHIEU

Dans son rapport final sur la première vague dans les CHSLD, la Protectrice du citoyen invitait le gouvernement à un devoir de mémoire pour les milliers d'ainés décédés en CHSLD et leurs familles éplorées.

Note de la rédaction : Le Journal de Lévis n'endosse aucune opinion qui est partagée dans les lettres d'opinion ou ouvertes publiées dans notre section Opinions. Les opinions qui sont exprimés dans ce texte sont celles de l'autrice.

Rappelons-nous que le Québec porte l'un des pires bilans de la planète des décès d'aînés vulnérables.

Rappelons aussi que le Québec tout entier mérite d'avoir des réponses sur ce qui s'est réellement passé entre janvier et la mi-mars 2020, entre le moment où on savait que les aînés en CHSLD seraient les plus fragiles face à la COVID, et une première directive adressée aux CHSLD.

Enfin, rappelons-nous que la ministre responsable des Aînés, mais aussi responsable des CHSLD est la seule élue, à part le premier ministre, à avoir fait partie dès le début, de la cellule de crise et à être toujours en poste aujourd'hui.

Le 17 juin 2020, la Coroner en chef du Québec avait ordonné une enquête publique sur la première vague de la pandémie dans certains CHSLD. Depuis le début des audiences publiques, nous sommes nombreux à constater le travail rigoureux de la coroner, Me Géhane Kamel, et son équipe et nous tenons à les remercier.

Demain matin, la ministre responsable des aînés et des CHSLD viendra témoigner devant la Coroner. Après des semaines d'audiences, une question fondamentale demeure toujours sans réponses : «qu'est-ce qui s'est passé entre janvier «où on savait» et la mi-mars «où on a enfin commencé à agir»? La ministre Blais, une témoin clé de cette enquête, devra fournir des réponses

Depuis le début de la première vague, nous avons posé beaucoup de questions à la ministre. Peu de réponses.

Que s'est-il passé entre janvier 2020 et la mi-mars dans la préparation de la COVID dans les CHSLD? Quel a été son rôle à elle?

Le 10 février 2020, alors que l'INSPQ avait déjà sonné l'alerte des risques de la COVID sur les aînés, la ministre effectuait sa 100e visite d'une grande tournée dans les CHSLD. Quels constats a-t-elle faits? Quelles recommandations a-t-elle faites? On lui a déjà demandé les rapports de ces visites. Elle n'en a pas. Aucun écrit.

Pourquoi la ministre des Aînés était absente le 8 mars 2020 alors qu'une réunion cruciale se tenait avec le premier ministre, l'ex-ministre de la Santé et le Dr Arruda? On ne sait pas.

Est-elle intervenue dans la décision du transfert d'aînés des hôpitaux dans les CHSLD dont elle est responsable? Elle répond : «des décisions communes».

Comment se fait-il qu'elle n'ait pas pu empêcher l'interdiction de l'accès des proches aidants auprès de leurs êtres chers, morts dans la souffrance et la solitude? Elle est ministre responsable des proches aidants. Et pourquoi cette décision? Sa réponse : «une décision crève-cœur».

Alors qu'est-ce qu'elle a fait, concrètement, entre janvier et la mi-mars pour protéger nos aînés, elle qui avait demandé au premier ministre, la responsabilité des CHSLD à son retour à la vie politique.

Elle a décidé quoi, elle a fait quoi. Les familles éprouvées auront besoin demain matin d'obtenir des réponses de la témoin clé. Le trou jusqu'à maintenant béant, janvier-mi-mars, empêche les familles de faire leur deuil.

Parce qu'il faut se souvenir.

Monique Sauvé

Députée de Fabre et porte-parole de l'opposition officielle pour les aînés et les proches aidants


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