Présentes partout au Québec, les différentes sections de l’AQDR, dont celles de Lévis-Rive-Sud, se sont regroupées afin de concentrer leurs préoccupations dans un mémoire intitulé 2030 en ligne de mire : priorité aux aînés du Québec. Toutes les sections ont mené une plus grande mobilisation à ce sujet dans la semaine du 10 mars.
«Depuis longtemps, on entend dire qu’en 2030 nous allons atteindre une proportion plus importante des aînés dans notre démographie. C’est pour ça qu’il faut sonner l’alarme. Maintenant, on peut espérer vivre plus longtemps donc on a besoin de soins, de services, mais en même temps d’une bonne qualité de vie», souligne Mélanie Pinault, directrice générale de l’AQDR Lévis-Rive-Sud.
Les recommandations touchent quatre axes, soit le revenu atteignant minimalement le revenu du salaire minimum, une garantie de soins durables, le logement ainsi que la mobilité.
Au niveau du revenu, Mélanie Pinault explique qu’en ce moment, si on exclut le revenu de la Régie des rentes du Québec (RRQ) qui peut avoir un impact sur le montant obtenu du palier fédéral, un aîné qui n’obtient que les subventions fédérales comme reçoit environ 21 000 $ par année. En comparaison, une personne travaillant 35 heures par semaine au salaire minimum établi à 15,75 $ avant la hausse à 16,10 $ du 1er mai, gagnerait autour de 28 000 $ par année.
«Ce n’est pas pour avoir de l’argent pour s’asseoir dessus, c’est vraiment juste pour être capable d’avoir une vie décente. Ça veut dire être capable de répondre à nos besoins comme le logement, les soins ou les médicaments. J’entends souvent des aînés qui me disent ne pas prendre une médication prescrite par le médecin parce qu’ils n’ont pas l’argent pour se l’acheter», déplore Mélanie Pinault.
À court terme, l’AQDR souhaiterait notamment qu’une indexation du RRQ automatique et trimestrielle soit mise en place pour ajuster les montants à l’inflation en temps réel ainsi que l’augmentation du Crédit de solidarité pour les aînés bénéficiaires du Supplément de revenu garanti (SRG). À long terme, les recommandations touchent la mise en place d’un fonds de retraite obligatoire pour les travailleurs ainsi que l’harmonisation des politiques publiques avec l’échéance de la retraite en rendant accessible le Crédit d’impôt pour soutien aux aînés dès l’âge de 65 ans.
Soins, logements et mobilités
Souhaitant prioriser les mesures qui favorisent le maintien à domicile, l’AQDR demande au gouvernement d’injecter des fonds pour vider les listes d’attente en soins à domicile et pour les chirurgies prioritaires en réponse aux besoins des aînés. La revue du budget dédié au soutien à domicile est également réclamée afin qu’il atteigne 50 % du budget dédié aux soins aux aînés.
Au niveau du logement, les propositions de l’organisation visent principalement l’Allocation-logement pour les aînés vulnérables afin de répondre à la hausse des loyers dépassant l’inflation. Cette mesure viserait les personnes âgées de 65 ans et plus ayant des revenus de moins de 25 000 $ en 2024.
Finalement, l’AQDR souhaiterait que le gouvernement implémenter des navettes adaptées et abordables ou du transport à la demande dans les zones mal desservies avec des trajets co-construits avec les aînés pour desservir les lieux d’intérêt comme les épiceries, les cliniques ou les centres communautaires.
Mélanie Pinault rappelle l’importance de donner les moyens aux aînés de pouvoir rester actifs, un facteur qui peut contribuer à leur santé mentale et physique. «La santé c’est à la fois social, psychologique, physique, financier et matériel donc on doit les aider à avoir des moyens de rester actifs.»
Au moment d’écrire ces lignes, l’AQDR Lévis-Rive-Sud avait fait parvenir son mémoire aux députés touchant son territoire d’activité et était resté sans réponse quant à sa demande de les rencontrer pour assurer que ces derniers pourront aider l’organisme dans la défense des droits des aînés.