Mark Carney indique que la mesure n’affectera pas les pièces automobiles, puisque cela affecterait trop grandement les Canadiens, ni le contenu en provenance du Mexique, puisqu’il n’impose pas de tarifs douaniers au Canada.
«Chaque dollar des 8 G$ qui seront acquis de ces tarifs réciproques iront directement aux travailleurs et aux entreprises touchées. Le gouvernement fédéral fera tout en son pouvoir pour protéger les personnes affectées, parce que nous sommes Canadiens, donc nous veillerons toujours sur les uns et les autres», ajoute Mark Carney.
Même si sa conversation avec Donald Trump a créé des avances, notamment le fait que le Canada ne sera pas touché par les tarifs réciproques additionnels de 10 %, le premier ministre du Canada est conscient que la situation est difficile. Il confirme toutefois que son administration se battra en Cour pour démontrer que ces tarifs ont été imposés illégalement selon les lois de commerce international.
«Je ne pense pas qu’ils changeront de direction jusqu’à ce que ça affecte trop les Américains, précise Mark Carney. Cela viendra avec des défis, des décisions difficiles, mais le Canada y parviendra. Nous ne faisons pas les choses parce qu’elles sont faciles, mais parce qu’elles sont justes. Nous avons toujours fait des choses exceptionnelles pour les Américains. Nous devrons faire des choses exceptionnelles pour nous-mêmes. Nous devrons faire des choses que nous croyions impossibles à une vitesse importante pour protéger la capacité économique du pays. Nous devrons augmenter la capacité de production et d’échange du Canada.»
Le dirigeant fédéral assure qu’il travaillera pour améliorer les relations de commerce internationales afin d’assurer la souveraineté et l’économie canadienne.
«Nous croyons en la collaboration internationale. Si les États-Unis ne veulent plus mener cette collaboration, le Canada le fera. J’ai parlé avec les représentants du Mexique, de l’Allemagne, de l’Union européenne, de la France, du Royaume-Uni, nous sommes tous contres les mesures américaines et pour le libre-échange», souligne Mark Carney.
De plus, pour atténuer les impacts des mesures tarifaires sur les Canadiens touchés par la situation, l’administration Carney a facilité l’accès à l’assurance emploi.
François Legault
Le premier ministre du Québec François Legault a tenu une conférence de presse en après-midi pour commenter la situation.
Comme l’a mentionné Mark Carney en avant-midi, François Legault a indiqué qu’il serait préférable que des tarifs ciblés soient imposés aux États-Unis et qu’il était important de renégocier globalement l’ACEUM auprès des Américains après l’élection fédérale.
«On appréhende des tarifs sur le bois d’œuvre, sur les semi-conducteurs et dans le domaine pharmaceutique. Il y aura des questions à se poser sur les ripostes à adopter à ce moment-là, mais il faut être prudent sur les contre tarifs. Si on taxe un produit qui est remplaçable, ça rend les entreprises d’ici moins compétitives», indique le premier ministre du Québec.
Le politicien a également rappelé l’importance de diversifier l’économie québécoise en accédant au marché européen. Il s’est d’ailleurs dirigé en Allemagne récemment avec une centaine de dirigeants d’entreprises de la province pour créer des relations économiques avec ce pays.
«Ce que je retiens de ce voyage, c’est que les Allemands sont intéressés à faire affaire avec le Québec, notamment en ce qui a trait à l’économie verte. Que ce soit pour les minéraux critiques, l’aluminium vert, les véhicules électriques ou les batteries pour les véhicules électriques, il y a de l’intérêt en Europe. C’est un marché de 450 M d’habitants avec qui nous avons beaucoup de choses en commun», rapporte François Legault.
Ce dernier a aussi mentionné l’intérêt des Européens pour investir en défense. Le continent souhaite investir 800 G d’euros dans la défense, notamment dans les avions militaires. Le premier ministre du Québec a donc réitéré sont désir d’accroître la construction d’avions militaires dans la province, puisque «qu’après Seattle et Toulouse, le Québec est l’endroit dans le monde où il y a le plus de main d’œuvre qualifiée en aéronautique».